Moi, Stéphanie (aka Elaura),
administratrice du forum www.bit-lit.com,
rédactrice chez Onirik,
ma vie, mon œuvre, mes bafouilles.


De manière plus intime,
ce petit blog sans prétention est mon coffre à jouets.
J'y mets mes envies, mes lubies et mes coups de cœur,
sans logique ni plan sur la comète,
juste l'envie de partager avec vous mon joyeux bordel cérébral et affectif à travers
les livres, films, musiques qui croisent ma route.

Bonne visite ;-)

A chaque film il y a un comic... ou un truk du genre.

mercredi 12 novembre 2014

Le chant de la louve

Le chant de la louve
de Rosanne Bittner

Éditions J'ai lu
Collection Aventures et Passions
Réédition le 19 février 2014



Présentation de l'éditeur :

C'est un spectacle incroyable : deux cents guerriers cheyennes s'avancent en ligne, brandissant vers le ciel leurs lances décorées de plumes. Leurs visages sont peints de motifs géométriques et leurs torses nus s'ornent de colliers de perles multicolores. Louve Bienfaisante n'en croit pas ses yeux. La tribu au grand complet s'est rassemblée en son honneur. Pour venir la chercher, après deux ans d'exil chez les Blancs. 
C'est parce que la jeune fille est investie de l'esprit des loups que les Cheyennes l'ont envoyée apprendre la langue de leurs ennemis et se familiariser avec leurs coutumes barbares. En dépit de son jeune âge, Louve Bienfaisante est une sage. Les connaissances qu'elle a acquises permettront de faire respecter les traités. Mais pour l'instant, ses yeux cherchent Patte d'Ours parmi les guerriers. Il est là, encore plus beau que dans son souvenir. En songeant qu'elle va devenir sa femme, elle sent une étrange vibration parcourir son corps...

Mon avis :

Il y a des romances qui traversent le temps et qui vous transportent toujours, même après plusieurs relectures. Rosanne Bittner a écrit Le chant de la louve en 1982, et sa première publication en France date de 1998, date à laquelle j'ai découvert cette petite perle totalement à part dans la collection Aventures et Passions.

Sa réédition, plutôt bienvenue, permet à la nouvelle génération de lectrices de rencontrer Louve Bienfaisante et Patte d'Ours, deux héros que nous allons suivre pendant trente ans. Trente années de bonheur, de malheur, sur fond de conquête de l'Ouest et de cette terrible guerre entre les indiens et les hommes blancs. Ne vous attendez pas à la mièvrerie classique des romances westerns, le temps ici n'est pas à la douceur. Le récit est violent, sans concession jusqu'au dénouement, bercé par l'amour inconditionnel de ces deux êtres prédestinés l'un à l'autre. C'est beau, poignant, désespéré et l'histoire vous hante longtemps après lecture.

Les romances indiennes bien documentées sont trop rares pour être ignorées, aussi, si vous êtes curieux de la culture Cheyenne et si vous ne vous contentez pas de légèreté, cette très grande romance est faite pour vous. 
 

mercredi 29 octobre 2014

Come on Bitches, let's cook... Chili !!



Lafayette est de retour pour vous donner sa recette du chili version Bontemps !!

J'avoue qu'après avoir essayé plusieurs recettes, celle-ci est certainement celle que je préfère et mes ulcères gastriques peuvent t'en parler, elle déchire (c'était la blaguounette du jour).

A la base, je me suis inspirée de la recette du Chili d'hiver proposé par Mary Helen Klein dans le recueil Mariage Mortel de Charlaine Harris, une nouvelle qui se situe dans l'univers de La communauté du sud. J'y ai juste rajouté quelques ingrédients, après avoir testé la recette à maintes reprises. C'est parti !

Pour 6 à 8 personnes voici les ingrédients :

- 500 gr de boeuf haché
- 2 oignons de taille moyenne (facultatif, sincèrement...)
- 1 boîte de tomates pelées ou concassées (une grosse hein !)
- 1 petite boîte de concentré de tomate
- 1 cube de bouillon de boeuf
- un poivron vert et un poivron rouge coupés en petits morceaux (forcément me diras-tu, mais je préfère préciser)
- 2 gousses d'ail hachées ou écrasées
- 2 bonnes cuillères à café d'origan
- du cumin en poudre, en fonction des goûts de chacun, mais soyons logique, il en faut au moins 3 ou 4 bonnes cuillères à café hein ! (moi j'en mets plus)
- du carvi (ou cumin des près) 2 cuillères à café
- 1 feuille de laurier
- 2 boîtes d'haricots rouges
- 1 cuillère à café de gingembre
- 1 demi cuillère de piment rouge écrasé ou, ce que je fais personnellement, du tabasco, plus facile à doser pour le goût (et perso, je suis une fan hardcore du tabasco)


Mettre le boeuf et les oignons à revenir dans une coquelle, laisser dorer, ajouter l'ensemble des ingrédients au fur et à mesure (dans l'ordre que tu veux, sérieux, si tu mets les haricots en dernier ou en premier, tu ne vas pas déclencher l'apocalypse, je te conseille tout de même de mettre les épices en dernier). Bien mélanger et laisser mijoter pendant 1h30 au minimum. Tu peux couvrir d'eau aussi, pour faire du jus, à ta convenance !

Et voilà, c'est fait, tu as un super chili que tu peux servir avec du riz blanc en plus, c'est fameux !

Là, c'est mon mien !

Allez, mets ton tablier poupée, balance du son (un bon vieux rock des années 70 pour moi) et prends-toi pour la reine du Bayou, tu m'en diras des nouvelles...


mardi 28 octobre 2014

Insolente créature

Les exilés d'Austin
Tome 1 : Insolente créature

de Jennifer Ashley

Éditions J'ai Lu
Collection CREPUSCULE

Sortie le 16 octobre 2013


Présentation de l'éditeur :

Créatures redoutées, les Garous inspirent peur et méfiance aux êtres humains. Excepté Kim Fraser. Choquée par les accusations portées contre Brian Smith dans une affaire de meurtre, Kim décide de faire justice elle-même en prouvant l'innocence du jeune Garou. Pour l'aider dans son enquête, elle fait appel aux services du séduisant et dangereux Liam Morrissey.





Mon avis :

Jennifer Ashley est principalement connue en France pour sa fabuleuse série de romance historique Les Mackenzie, aussi, l'annonce de la publication de sa saga de romance paranormale ne pouvait que nous réjouir.
Ce premier tome, en demi-teinte, pose les jalons d'un nouvel univers intéressant même si déjà vu : celui des garous. Leurs particularités ne diffèrent que peu de ce que nous avons déjà pu lire, mais les protagonistes sont tellement bien introduits que cette impression s'estompe au fil des pages. D'ailleurs, c'est une des forces de cet auteur, ses personnages sont toujours passionnants.
Là où le bas blesse, c'est le style parfois maladroit du récit et les brusques changements de comportements de l'héroïne qui peuvent souvent agacer. De plus, tous les schémas classiques (et donc redondants) de la romance paranormale sont utilisés; pour le coup, le tout manque d'originalité, parfois même de cohérence.
Cependant, l'intrigue est bien menée et les héros attachants ce qui nous pousse indéniablement à lire la suite. Ce premier tome n'est pas totalement satisfaisant, mais il remplit tout de même bien son rôle d'introduction.

lundi 27 octobre 2014

Les Jamais-contents




Bonjour lecteur,

Cela fait très longtemps que je ne t'ai pas fait part de mon humeur, il est temps d'y remédier. Aujourd'hui, je voudrais te parler d'un groupe de personnes qui sévit très régulièrement sur les réseaux sociaux, mais aussi in real life, autour de nous... le fameux groupe des « Jamais-contents ». Comme tu peux t'en douter, les Jamais-contents, ne sont jamais contents. De rien. A jamais. 


 Je ne te parle pas de ceux, dont je fais partie, qui s'expriment parfois sur leur déception au sujet d'une série ou d'un livre, mais qui, par ailleurs, n'hésitent pas à partager leur joie sur ce qu'ils ont beaucoup aimé. Non, je te parle de ceux qui ne sont JAMAIS contents. 

Je sais que tu vois parfaitement de qui je parle. Personnellement, je les rencontre souvent sur les sites et pages Facebook dédiés aux comics, au cinéma, aux séries télé, bref, partout où il peuvent dire qu'ils ne sont jamais contents. 

Voici un petit florilège d'exemples que j'ai pu rencontrer ici et là... bon, il y a peut-être quelques extrapolations de ma part, histoire d'agrémenter mon billet, mais je ne suis jamais loin de la vérité.

Les Jamais-contents n'aiment pas les adaptations de comics au cinéma. Ils n'aiment surtout pas le nouvel Avengers, dont nous avons pu voir la superbe bande-annonce il y a quelques jours. Parce que « Captain America ne porte pas encore son casque, ça va être une bouse comme les autres, car le Captain NE PORTE PAS SON CASQUE, PUTAIN », mais aussi parce que le look de la Sorcière Rouge ne correspond pas aux attentes des Jamais-contents « Quelle déception, quand je l'ai vue attifée comme ça, avec sa robe, son blouson, j'avais envie de lui demander combien elle prend. » (voui, parce que les Jamais-contents sont en plus très cons).


(C'est vrai que le string est plus pratique pour aller au combat...)


(Joss, tu déconnes, quelle vulgarité...)


Les Jamais-contents n'aiment pas non plus la série Gotham, pour des raisons qui, parfois, me laissent sans voix : « sérieux, ce fan service débile où l'on voit les méchants de Gotham petits, sans déconner... » (Voui, le Jamais-content n'est pas fan, c'est un expert, c'est pas pareil.) « Je trouve que ça fait trop Gotham-central... c'est très décevant » (voui, parce que Gotham-central parle de... Gotham tu vois ? Et qu'une série sur Gotham, qui parle donc de Gotham, ça ne plaît pas aux Jamais-contents), « C'est plein de clichés qu'on retrouve dans les polars, tous ces gens qui magouillent... » (voui, mais enfin, c'est Gotham, tu vois ? La ville du crime par excellence, Gotham, mec ? Sinon, pourquoi Bruce serait devenu Batman si les Télétubies étaient au pouvoir ?).



Les Jamais-contents repèrent immédiatement les copycat et les éléments (dont tout le monde se fout) qui font tâches dans un plan ou dans une histoire (enfin, d'après eux) comme « Le village, c'est de la bouse comme film, en plus Shyamalan, il a copié le Projet Blair Witch, dans le plan-séquence de la 45e minute, tu sais, dans la forêt, on retrouve la même brindille que dans le Projet Blair Witch... LA MEME BRINDILLE, PUTAIN ! »



Les Jamais-contents ne sont pas contents quand on parle d'éléments hyper importants de la pop culture dont ils sont, indéniablement, les gardiens « Pfff, quel cliché tu fais, tu portes un tee-shirt Wonder Woman alors que tu n'as jamais lu le numéro 72 de la série delta paru à 20 exemplaires en 1945, tu fais pitié » (Je le répète, le Jamais-content est un expert, il a tout lu, tout écouté, tout entendu, tout vu, il se demande même pourquoi il est encore sur Terre parmi les simples humains.)



Les Jamais-contents s'insurgent également contre ceux qui spoilent des choses connues depuis des décennies « Mais... quoi ? Luke Skywalker est le fils de Dark Vador ? DARK VADOR, PUTAIN ! Je te vire de ma liste d'amis » (si tu veux te joindre à moi pour lui envoyer plein de messages au sujet des évènements importants de la saison 5 de Game of Thrones, tu es le bienvenu).



Mais tu sais quoi lecteur ? Je suis certaine, au fond de mon cœur, que les Jamais-contents peuvent être contents parfois et qu'ils partagent aussi des photos de chats sur Facebook, qu'il y a des choses qu'ils aiment vraiment au fond (tout au fond) et qu'il peut y avoir du rose dans leurs yeux. 



Et même si j'ai souvent envie de leur dire le fond de ma pensée... (vraiment tout au fond)

J'ai envie de leur tendre la main, les bras même, parce que peut-être qu'un jour, une nuit ou à une minute précise de leur existence, ils ont vécu un truc traumatisant. 


En bref, les Jamais-contents, ils sont jamais contents...

dimanche 26 octobre 2014

Une semaine dans la vie de Stephen King

Une semaine dans la vie de Stephen King
d'Alexandra Varrin

Éditions : Léo Scheer
Sortie le : 3 septembre 2014



Présentation de l'éditeur :

«Il entre sans se presser, désinvolte. Un sourire au coin des lèvres, grand, un peu voûté, la démarche hésitante. Sous les flashes qui crépitent, malgré l'interdiction, ses yeux pétillent. Mi-gêné, mi-amusé, l'air de rien, il sort de sa coquille, prend quelques secondes pour observer la foule, curieux, vulnérable, perplexe. Le temps de traverser l'estrade, il endosse une nouvelle carapace, drapé dans le statut qui a réuni ici près de trois cents journalistes venus des quatre coins de la planète : celui de l'écrivain le plus célèbre au monde.»

Du 12 au 16 novembre 2013, Stephen King a passé une semaine à Paris pour promouvoir son nouveau livre, Docteur Sleep. L'occasion pour des milliers de lecteurs de rencontrer leur auteur fétiche, et pour Alexandra Varrin de transformer cet événement exceptionnel en véritable quête identitaire et introspective.
Au cours des cinq rendez-vous qui jalonnent cette semaine, elle se replonge dans l’œuvre monumentale de son idole, et poursuit, tout en interrogeant notre rapport à la fiction, son propre autoportrait.


Mon avis :

Il peut paraître étrange, au premier abord, d'écrire un livre sur la visite française d'un écrivain très connu. Cela l'est moins quand on sait que l'écrivain en question est Stephen King. L'acte en lui-même devient une évidence quand on fait partie de cette grande famille de lecteurs qui ont grandit avec le romancier.

Alexandra Varrin a décidé de nous parler d'elle. Avec humour et délicatesse, elle nous livre des moments de sa vie. Sous le regard amusant de la femme qu'elle est devenue, elle raconte la petite fille qu'elle était et l'importance de Stephen King dans sa vie.
En commentant des passages des romans qui l'ont accompagnée, l'auteur se livre mais partage également ses émotions sur cette fameuse semaine de novembre 2013 où elle a enfin pu le voir en vrai, lui, celui qui l'a sauvée et qui l'a élevée. Et loin d'être anecdotique, chaque moment est plein d'émotion.

L'ensemble nous offre un récit autobiographique très touchant et qui fait bien souvent écho à nos propres sentiments. On sourit à l'évocation de ses palpitations cardiaques à la vue de celui qui a eu une si grande importance dans sa vie et l'on se surprend à ressortir nos vieux exemplaires des romans du King en ayant l'impression d'être enfin compris.

dimanche 12 octobre 2014

Elementary



On ne compte plus les différentes adaptations de Sherlock Holmes tant le personnage est devenu une icône extrêmement populaire, autant d'un point de vue littéraire que cinématographique. Le petit écran a également fait la part belle au détective et disons-le tout net, nous avons tous l'impression qu'il nous appartient un peu.
Si la créature de Sir Conan Doyle a eu de multiples visages, certains nous ont plus marqués que d'autres et les faveurs du public se tournent naturellement vers Benedict Cumberbatch qui campe un Sherlock hallucinant dans l'adaptation anglaise de Steven Moffat. Pourtant, s'il y a une autre adaptation télévisée qui mérite également notre attention à l'heure actuelle, c'est bien Elementary, qui est loin d'être le mouton noir annoncé et attendu par les fans et les critiques.


 Certes, la série est très différente de sa consœur britannique, mais loin d'être une critique, cela est à mes yeux un atout majeur : pourquoi refaire la même chose sur un autre continent ? Et c'est là justement la force de cette adaptation, Elementary s'affranchit des conventions et des adaptations antérieures pour nous offrir un show novateur, intelligent et très addictif, autant pour sa qualité scénaristique pour que pour son interprétation, car avouons-le, Jonny Lee Miller est plus vrai que nature en Sherlock et Lucy Liu est excellente en Watson, qui, même s'il a changé de sexe, est presque plus proche de l'œuvre originale que son contemporain anglais (sens du détail très accru, remarques assassines, humour très décalé...).


 Alors oui, le terrain de jeu de notre détective, toujours très british je vous rassure, est à présent new-yorkais, mais il n'a pas changé sa personnalité. Il est toujours aussi sarcastique, pédant, brillant, mais aussi très drôle et très touchant dans sa manière de gérer ses différentes addictions, que ce soit celle liée à l'héroïne ou aux affaires criminelles.


 Le reste du casting est tout aussi excellent, que ce soit Aidan Quinn en Capitaine Gregson, ou l'incroyable Rhys Ifans en Mycroft Holmes, tous participent pleinement au plaisir que j'ai à suivre cette série.


 Cela dit, les allusions à l'œuvre d'origine sont tout de même nombreuses, au-delà de la personnalité de nos deux protagonistes, le générique en lui-même est déjà une apologie à part entière. 


Et puis il y a les divers clins d'œil, comme la passion de Holmes pour les abeilles qu'il élève sur le toit de son immeuble ou ses entraînements quotidiens avec sa canne. En bref, je ne peux que vous conseiller de regarder cette série qui a su dépasser mes attentes à plus d'un titre ; je suis presque à la fin de la saison 2 et je n'ai jamais été déçue. Tâchez de lui donner une chance, en évitant la comparaison avec sa consœur britannique, car aucune comparaison ne peut-être faite, tant sa liberté de ton et son audace en font une œuvre à part entière.

lundi 18 août 2014

La curiosité est un vilain défaut

Le Cercle des Canailles
Tome 2 : La curiosité est un vilain défaut
de Sarah MacLean

Éditions J'ai Lu
Collection Aventures et Passions
Sortie le 16 avril 2014


Présentation de l'éditeur :

Lady Philippa Needham est fiancée à lord Castleton mais elle veut découvrir les lieux scandaleux de Londres ainsi que les mystères de l'amour avant son mariage. Elle va demander de l'aide à Cross, l'associé de son beau-frère et débauché notoire.

Mon avis :

Un second tome absolument passionnant, bien meilleur que le premier (qui était déjà très bon) que l'on peine à lâcher en cours de lecture tant on s'accroche à chaque chapitre. 
Cette fois, c'est Philippa Marbury et Mr Cross qui sont à l'honneur, et autant vous dire que leur relation sera particulièrement sulfureuse. Ne vous attendez pas pour autant à des scènes de sexe à toutes les pages, c'est ce qui fait le charme de cet opus, ils prennent leur temps, s'apprivoisent et chaque moment est un pur bonheur. Par contre, quand ils vont céder, l'auteur va nous offrir une des plus belles scènes sensuelles que j'ai lue depuis longtemps, palpitante, magnifiquement écrite et même émouvante.
Au-delà des rares scènes d'intimité, nos protagonistes nous offriront des moments assez cocasses. En effet, la scientifique et très pragmatique Philippa souhaite s'initier aux mystères de la procréation auprès de la seconde Canaille de l'Ange Déchu, Mr. Cross, qui bénéficie d'une réputation de tombeur auprès de ces dames. Pour le coup, leurs échanges seront savoureux, teintés d'humour et assez pittoresques. Tout le long du récit, ils vont se tourner autour, avancer d'un pas, puis reculer de deux, mais ce ne sera jamais ennuyeux. Nous en apprenons plus sur la vie de Cross qui est loin d'être celui que l'on imagine ; sans oublier les personnages secondaires, notamment Lord Castleton (le fiancé de Philippa), qui seront surprenants à plus d'un titre.

Un opus particulièrement réussi, captivant de bout en bout et nous avons vraiment hâte de lire la suite consacrée à Temple, à paraître le 27 août prochain.

lundi 11 août 2014

Les noces d'Elliot McBride

Les MacKenzie
Tome 5 : Les noces d'Elliot McBride 
de Jennifer Ashley

Éditions J'ai lu 
Collection Aventures et Passions
Sortie le 5 juin 2013


Présentation de l'éditeur :

Elliot McBride, un homme brisé par de nombreuses années de prison, assiste au mariage de son amie d'enfance Julian St.John. Celle-ci est abandonnée par son futur époux au pied de l'autel. Pour sauver son honneur, Elliot se propose de l'épouser.

Mon avis :

Voici le cinquième tome de la série des Mackenzie de Jennifer Ashley, même si celui-ci ne parle absolument pas d'un Mackenzie. En effet, le quatrième opus ayant marié notre cher et ténébreux duc, dernier membre à trouver femme parmi la fratrie, l'auteur a décidé de s'intéresser de près aux personnages secondaires. Ici, c'est le frère d'Ainsley Mackenzie, la femme de Cameron, qui est à l’honneur. 
Elliot est également un Écossais pure souche, le bon vrai Highlander baraqué et qui porte le kilt, mais voilà, même si son histoire est émouvante, elle ne convainc pas totalement le lecteur.

Pourtant, il y avait tout pour plaire : les Highlands, un mariage sur le vif entre deux amis d'enfance, un héros particulièrement torturé, des personnages secondaires hauts en couleur et une intrigue intéressante, mais l'auteur nous avait habitués à beaucoup mieux. C'est long, redondant dans les scènes sensuelles et les méandres psychologiques d'Elliot finissent par lasser. Dommage, car jusqu'à présent, Jennifer Ashley avait fait un sans faute et sa saga fait vraiment partie des grandes surprises de ces dernières années.

Un tome donc bien en dessous de ce qu'on pouvait attendre, même si l'histoire n'est pas dénuée d'intérêt.

vendredi 25 juillet 2014

Vacances j'oublie tout...



Eh voui, le blog sera en pause pendant quelques temps, je pars en vacances me ressourcer et profiter de ma famille et du soleil !

J'espère aussi profiter de quelques visions intéressantes... 

Mon sac de livres est prêt, j'ai bien sur choisi la moitié de ma bibliothèque alors que je risque de ne lire que 3 ou 4 bouquins, mais qu'importe, au moins j'ai du choix !






Bien sûr, tu vas beaucoup me manquer, tu sais que je t'aime très fort et à jamais...



Mais comme tous les super-héros qui sont dans mon cœur, j'ai aussi besoin de cette chose qui mouille et qui fait des vagues...


Les vacances, c'est aussi le bon moment pour s'éloigner du net, faire un break et éteindre la télévision avant d'avoir quelques envies de meurtres...



Et de faire la fête avec les copains !



Mais ne t'inquiètes pas, je serais vite de retour !



Et n'oublie pas...




mardi 22 juillet 2014

L'ange de minuit

Stokehurst
Tome 1 : L'Ange de minuit
Lisa Kleypas

Editions J'ai Lu
Collection Aventures et Passions
Réédition le 8 janvier 2014




Présentation de l'éditeur :

Saint-Pétersbourg, 1870. Toute la ville réclame sa mort. Elle sera exécutée demain à l'aube. Coupable de meurtre. Les preuves sont accablantes : on a retrouvé Tasia couverte, de sang à côté du cadavre de son mari, le prince Mikhail. Mais Tasia ne se souvient de rien. Grâce à l'aide d'une servante dévouée, Tasia parvient à s'enfuir. Elle gagne l'Angleterre et réussit à obtenir une place de gouvernante chez lord Stokehurst. 
D'un coup, sa vie bascule : adieu la riche héritière destinée à épouser un prince de son rang et à veiller sur des armées de domestiques ! C'est aujourd'hui elle la servante. Face à un homme habitué à régner en maître et à obtenir tout ce qu'il veut. Y compris la ravissante Tasia... Et Tasia n'est pas indifférente au charme indéfinissable de son maître. Pourra-t-elle éternellement fuir son passé et les élans de son cœur ?

Mon avis :

Un roman écrit il y a presque 20 ans et qui souffre un peu du poids des années, mais il reste tout de même agréable à lire et l'auteur avait déjà à l'époque la touche particulière qu'on lui connaît.
Certes, nous sommes loin de ses sagas phares telles que La Ronde des saisons ou Les Hathaway, mais notons tout de même que les mâles alphas à la mine renfrognée si chers à l'auteur sont présents, et c'est ce qui sauve un peu ce premier opus.
L'action se situe tout d'abord en Russie où nous faisons la connaissance de Tasia, riche héritière russe qui se voit contrainte de quitter son pays pour se cacher en Angleterre, accusée d'un meurtre dont elle ne garde aucun souvenir. Placée comme gouvernante chez un lord veuf et père d'une fille de 13 ans, Tasia découvre la domesticité et tente de se faire la plus discrète possible. Mais sa culture et ses bonnes manières, ainsi que ses secrets, finissent par attiser la curiosité du maître de maison, sans parler des autorités russes qui comptent bien la retrouver.

Premièrement, je tiens à préciser que la quatrième de couverture présentée par l'éditeur contient une erreur cruciale : Tasia est bien accusée du meurtre du prince Mikhail, mais celui-ci n'est pas son mari, mais son fiancé, ce qui change pas mal de choses à l'histoire de base et surtout, sur la manière dont la relation entre nos deux héros va se construire. En effet, Tasia est une jeune femme très pieuse, issue de l'aristocratie russe et destinée à épouser un prince. De ce fait, son innocence a été préservée et l'insistance de son maître à percer ses secrets (même les plus intimes) trouvera quelques résistances. 

L'intrigue autour de nos deux héros reste intéressante, même si l’obstination de l’héroïne à ne vouloir rien dire ainsi que ses états d'âmes finissent par lasser un peu le lecteur. Cependant, l'entrée en scène du frère du prince assassiné, le ténébreux Nicolas, qui ne cesse de réclamer vengeance, est plus que palpitante (quand on parle du mâle alpha, il montre le bout de sa queue) et promet un second tome bien plus croustillant.

Au final, un premier opus qui se laisse lire, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais ne boudons pas notre plaisir, cela reste un Kleypas !


lundi 7 juillet 2014

Lafayette time : come on bitches, let's cook today



Bonjour lecteur,

Aujourd'hui je vais te donner la recette d'un plat que j'adore : le Jambalaya !

Voui, il m'arrive parfois de me prendre pour une grande cuisinière expérimentale car, je te préviens, ma cuisine peut devenir étrange, voir martienne.
Mais qu'importe, aujourd'hui, la recette est simple à la base, je l'ai juste améliorée pour qu'elle soit appréciée par l'ensemble de ma famille, c'est-à-dire mon Poulpe (du genre pénible à table), mon Barbare (du genre à tout manger pourvu que ce soit de la nourriture) et bien sur moi (du genre à préférer le chocolat devant tout autre plat à base d'aliments qui se mangent).

Alors ouvre bien tes yeux, mets ton foulard sur la tête, sort la musique cajun et tortille ton popotin, c'est parti...

Je me suis principalement inspirée d'une recette trouvée sur Marmiton.org, la voici :

Ingrédients (pour 6 personnes) :
- 3 saucisses fumées
- 200 g de blancs de poulet ou de dinde
- bouillon de poule
- riz
- paprika, piment
- poivron rouge, vert
- céleri
- éventuellement tomates
- crevettes crues

Faire rissoler les saucisses fumées tranchées dans de l'huile avec beaucoup de paprika dans une sauteuse.
Mettre les légumes émincés.
Puis les blanc en lamelles.
Mettre le riz et le laisser dorer.
Ajouter le bouillon de poule (1 l pour 500 g de riz).
Laisser mijoter 10 mn.
Ajouter les crevettes et un peu de piment.
C'est prêt.


Franchement, il n'y a pas plus simple et c'est déjà très bon comme ça, pour l'avoir tester une première fois, sans changements.

À toi de voir ce que tu aimes, mais moi, je me suis prise pour Lafayette et j'ai fait ma bitch car je n'étais pas totalement satisfaite :


Premièrement, si tu n'aimes pas des masses le piment, tu peux le remplacer par du Tabasco. Soit tu le mets directement dans le plat, soit, si tu as des enfants à table, chacun le met dans son assiette. En effet, généralement les gosses ne sont pas fans de choses qui piquent (et tuer des enfants par étouffement, c'est interdit par la loi).

Tu n'aimes pas le céleri ou tes mioches le regardent d'un œil torve ? Pas de panique, tu le remplaces par un oignon, c'est tout aussi bon. De même, si tu souhaites un brin adoucir l'ensemble, tu peux rajouter une petite boîte de tomates concassées, c'est plutôt agréable en bouche.

Une autre version testée et approuvée par votre Bitch, c'est celle proposée par Charlaine Harris dans Mariage Mortelle, recueil de nouvelles dans le cadre de sa série La communauté du sud. Tu peux rajouter un peu de haricots rouges ou noirs, de l'ail, du poivre de Cayenne, du poivre noir et de la sauce Salsa épicée. C'est très bon mais beaucoup plus fort comme tu peux t'en douter.

Au final, le Jambalaya est un plat que l'on peut agrémenter un peu comme on le souhaite, à partir du moment où les ingrédients de base sont là, soit : le riz, le paprika, la saucisse fumée et le poulet.

ça c'est mon mien !

Et voilà, c'était la minute « Lafayette est en moi » ! Et promis, il n'y a pas de démons dans mes placards.



(mais j'attends toujours mon vampire)...

Meuh siiiiii \o/


ça c'est pour te récompenser lecteur...

mercredi 25 juin 2014

Le Flambeur

Le Cercle des Canailles
Tome 1 : Le Flambeur
de Sarah MacLean

Éditions J'ai Lu
Collection Aventures et Passions

Sortie le 8 janvier 2014


Présentation de l'éditeur :

Il y a dix ans, le marquis de Bourne a été jeté de la société avec rien d'autre que son titre. Maintenant, partenaire dans le plus huppé club de jeu de Londres, le froid et impitoyable Bourne va faire ce qu'il faut pour retrouver son héritage — y compris épouser la parfaite et convenable Lady Pénélope Marbury.

Un engagement brisé et des années de cours décevantes ont laissé Pénélope avec peu d'intérêt pour un mariage calme et confortable, et avec l'envie de quelque chose de plus. Quelle chance que son nouveau mari ait accès à de tels plaisirs inexplorés.

Bourne est peut être un prince d'un monde souterrain de Londres, mais il jure de garder Pénélope à l'abri de ses faiblesses — un défi en effet quand la dame découvre ses propres désirs, et son empressement à miser quoi que ce soit pour eux... même son cœur.

Mon avis :

Une nouvelle saga de romance historique qui n'est pas sans nous rappeler la série Gamblers de Lisa Kleypas. Eh oui, le héros de ce premier tome ades airs d'un certain Derek Craven, si ce n'est que le marquis de Bourne est de noble naissance mais a tout perdu au jeu, manipulé par celui qui était censé le protéger. Dès lors, sa soif de vengeance le pousse à refaire fortune et à prendre sa revanche. Propriétaire d'un club de jeu (associé à trois amis d'infortune), il n'hésite pas à plumer tous les lords qui ont la malchance d'entrer dans son antre. Mais sa victoire ne sera complète que quand il aura récupéré le domaine familial perdu, Falconwell, quitte à compromettre son amie d'enfance. 

Une intrigue classique mais rondement bien menée, des protagonistes très attachants et un héros tourmenté, voilà la recette de ce premier opus que l'on prend beaucoup de plaisir à lire. Canailles il y a, ça je peux vous l'assurer, car sous des airs de sainteté, nos associés ont un appétit féroce et un bon paquet de choses à se reprocher. Le couple que forme le marquis de Bourne et Pénélope est très touchant. Leur mariage est loin d'être une sinécure et il faudra beaucoup de patience pour trouver l'harmonie. Les personnages secondaires piquent réellement notre intérêt et nous avons hâte de lire leur histoire, en bref, une introduction qui remplit pleinement sa mission, nous sommes impatients de lire la suite.

mardi 17 juin 2014

Vikings : 1 ère partie : Keep Calm and Pillage On !



Bonjour lecteur,

Aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'une série que j'aime d'amour : Vikings.

Déjà 2 saisons à son actif et une troisième commandée pour 2015, Vikings est le nouveau grand succès de la chaîne History et de Michael Hirst (le papa de la série The Tudors).

Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne suis pas une spécialiste en civilisation scandinave. Je suis juste quelqu'un de curieux, qui aime s'interroger et s'informer sur ce qu'elle voit et garder un esprit critique même sur ce qu'elle a pris beaucoup de plaisir à regarder. Ainsi, je sais lire et utiliser différentes sources, même académiques, pour ma culture personnelle. Cet article a pour but de parler de ce que j'aime et d'échanger à ce propos et n'a bien évidemment aucune valeur didactique. Et pour avoir encore plus de plaisir, il est plein de gifs salaces Qu'on se le dise \o/

La série suit les exploits d'un groupe de Vikings mené par Ragnar Lothbrok, l'un des plus populaires héros vikings au destin semi-légendaire. Ragnar serait d'origine danoise ou encore norvégienne, selon les sources. Il est supposé avoir unifié les clans vikings en un royaume aux frontières indéterminées à la fin du VIIIe siècle (l'époque est difficile à déterminer, mais se situe entre 750 et 850). Mais il est surtout connu pour avoir été le promoteur des tout premiers raids vikings en terres chrétiennes, saxonnes, franques ou celtiques.

Ce simple fermier, homme lige du jarl Haraldson, se rebelle contre les choix stratégiques de son suzerain. Au lieu d'attaquer les peuples de la Baltique, il décide de se lancer dans l'attaque des riches terres de l'ouest, ayant trouvé un nouveau moyen de naviguer.

Clandestinement, Ragnar va monter sa propre expédition et sa réussite changera le destin des Vikings comme celui des royaumes chrétiens du Sud, que le simple nom de « Vikings » terrorisera pendant près d'un siècle.



Si le public est au rendez-vous, ce n'est pas complètement par hasard, car en plus d'un casting plus que convaincant, la série bénéficie d'une réalisation et d'une production soignées.

Michael Hirst est un passionné d'histoire et ça se voit, même s'il se défend de ne pas faire des séries à la réalité historique incontestable (on lui avait déjà reproché ses libertés prises avec l'histoire des Tudors), l'écriture tâche autant que faire se peut d'être proche de ce que nous connaissons de la réalité historique et légendaire des protagonistes, même s'il s'arrange beaucoup avec la chronologie et que certains clichés ne sont malheureusement pas évités (par contre, la réalité archéologique est largement mise de côté). Cependant, le scénario est parfaitement maîtrisé, quoi qu'en disent ses détracteurs, car il confère un bon équilibre entre réalité/destin des personnages, un contexte qui se veut réaliste (même si matériellement contestable), et évite les écueils du fantastique, bien trop souvent utilisé dans les productions « Viking ». Il est néanmoins important de considérer cette série comme une oeuvre de fiction, inspirée par des récits scaldiques, que comme une série historique à proprement parlé. 

Sa force est de nous montrer la culture de ces hommes du Nord au quotidien, une société complexe mais particulièrement riche, où chaque individu est entendu, une société bien plus égalitaire à l'époque que toute la chrétienté réunie. Les Vikings ne sont pas les barbares sanguinaires que l'on nous montre parfois, avec un casque à cornes et se délectant de la mort. Déjà, les Vikings n'ont jamais porté de casques à cornes, qu'on se le dise une bonne fois pour toutes.

Est-ce que j'ai une tête à porter un casque à cornes ?

De grands guerriers, bien sûr, mais surtout de formidables commerçants et navigateurs, avides d'exploration et de connaissances, voilà ce qu'étaient les Vikings. Leur but était de s'enrichir, de cultiver de bonnes terres (la leur étant trop pauvre), d'améliorer leurs conditions de vie et non pas de tuer, de s'abreuver de sang et d'annexer des territoires pour une nation.

Pour en revenir aux protagonistes, Ragnar Lothbrok est magistralement interprété par un Travis Fimmel méconnaissable. Voui voui, ce Travis-là, ancien mannequin vedette de Calvin Klein, et j'avoue que je suis la première bluffée.


En plus d'avoir un physique plus qu’avantageux, l'acteur aborde son rôle avec finesse et force et nous campe un Ragnar plus vrai que nature avec la juste dose de charisme et de ruse qui sied certainement au personnage (avoue lecteur que tu as une rageuse envie de voir des knörr débarquer - note que je n'ai pas utilisé le terme de Drakkar !)



En fait, à bien y réfléchir, c'est l'ensemble du casting qui est une réussite, tant il n'est pas difficile de s'immerger dans la série, à commencer par Floki dont Gustaf Skarsgård en fait un personnage ambivalent, tantôt mystique, tantôt inquiétant, et oui au passage, je parle bien du frère d'Alexander (Erik, je t'aime) et du fils de Stellan ; décidément, la famille a du talent.




Mais qu'en est-il réellement du personnage historique ?

Comme tout ce qui touche l'ère viking, il est difficile de différencier ce qui relève de l'histoire ou de la légende, et Ragnar Lothbrok n'échappe pas à la règle.

Selon la Geste des Danois du chroniqueur médiéval Saxo Grammaticus, le païen Ragnar n'appartenait pas à la dynastie suédoise des Yngling, car son père était danois. Mais il s'est forgé un destin en se disant descendant direct du dieu Odin. « Regnerus Lothbrog », comme Grammaticus le nomme, était le fils de Sywardus Ring. De ses quatre épouses, il aurait eu une large descendance (ce qui n'est pas pour me déplaire, tant qu'on le voit en action dans la série...)


D'après Hilda Ellis Davidson, la légende de Ragnar dans le livre IX de la Geste semble être une tentative pour regrouper sous le règne d'un seul roi, Ragnar, les événements relatés dans les récits confus et contradictoires auxquels le chroniqueur avait eu accès. C'est pourquoi de nombreuses actions imputées à Ragnar dans la Geste peuvent être attribuées, sur l'autorité d'autres sources, à d'autres personnalités, dont certaines sont historiquement plus crédibles.

Mais la légende d'un grand héros viking persiste et certains de ses aspects sont documentés par des sources relativement fiables.



Et son entourage ?

Lagertha aurait réellement été la femme de Ragnar et c'était une skjaldmö, une femme au bouclier. C'est toujours notre Saxo Grammaticus qui mentionne la présence de Lagertha aux côtés de Ragnar lors de nombreuses batailles (elle est absente dans les autres sources).


Les skjaldmö sont à l'origine du mythe des Walkyries, elles apparaissent dans plusieurs récits légendaires et même l'historien byzantin Jean Skylitzès, indique que les femmes ont combattu dans les troupes de Sviatoslav Ier lors de la campagne militaire de Bulgarie en 971. 
Lors de la bataille de Dorystolon, les soldats furent étonnés de découvrir, sur le champ de bataille, les cadavres de nombreuses femmes armées. La Grœnlendinga saga décrit une redoutable guerrière viking du nom de Freydis Eiriksdottir. Elle était la fille d'Erik le Rouge et la sœur de Leif Eriksson. Lors d'un séjour au Vinland, elle aurait brandi une épée, seins nus, en avançant vers les Amérindiens menaçants qui auraient fui, effrayés par cette femme téméraire et gesticulante.

Plusieurs skjaldmös sont mentionnées dans les sagas nordiques, comme Brunehilde dans la Volsunga saga, Hervor dans la Saga de Hervor et du roi Heidrekr, la princesse Brynhild dans la Saga de Bósi et Herraud, la princesse suédoise Thornbjörg dans Hrólfs saga Gautrekssonar et Veborg dans la Gesta Danorum.

Il est bien évident que les scénaristes et producteurs ne se sont pas préoccupés d'être dans une réalité incontestable en ce qui concerne les personnages et l'histoire de Ragnar. Comme je l'ai indiqué plus haut, les récits et sources sont nombreux et bien souvent contradictoires. En même temps, je n'en demandais pas tant. Le plaisir est là, même si l'on sait qu'on ne peut se fier véritablement à ce que nous voyons.

En ce qui concerne les diverses pratiques des Vikings, il est bon de faire la différence entre ce qui relève du mythe ou du romantisme et la réalité.

ça c'est pour te récompenser lecteur...

Dans les sources chrétiennes, les Vikings sont présentés comme une race païenne aux pratiques troubles et n'hésitant pas à semer la mort et la désolation sur leur passage. Devons-nous en être étonnés ?

Il est bon de rappeler que pendant leurs raids, les cibles privilégiées de nos guerriers étaient les églises. C'était là que se trouvaient or et richesse ; sincèrement, ce n'est pas chez le fermier du coin qu'ils allaient chercher fortune. Or, pour se resituer dans le contexte de l'époque, la religion était la source de vie, tout était religion, du levé au couché. S'attaquer au sacré était le pire crime qui pouvait être commis, le meurtre et le viol pouvaient passer bien après. Et qui savait lire et écrire ? Les prêtres et les moines. Pouvons-nous donc aisément nous fier à ces sources ? Non. Pas plus qu'aux poèmes scaldiques.




Mais du coup, qui étaient réellement les Vikings ?

D'après Régis Boyer, « on appelle Viking un commerçant de longue date, particulièrement doué et remarquablement équipé pour cette activité, que la conjoncture a amené à se transformer en pillard ou guerrier, là où c'était possible, lorsque c'était praticable, mais qui demeurera toujours quelqu'un d'appliqué à afla sér fjàr (« acquérir des richesses ») ». Ils étaient Suédois, Danois, Norvégiens, puis dans un second temps, Islandais et Féroïens.

Un commerçant avant toute chose, car les pays scandinaves étaient pauvres : sols difficilement cultivables, sous-sols sans ressources, un climat redoutable, bref, une vie quotidienne rude dont les seules ressources viables étaient la pêche et la forêt avec tous les inconvénients qui les accompagnent. Pour le coup, le commerce par voie d'eau était une nécessité : fourrures, mais aussi esclaves, car oui, les Vikings furent de très grands marchands d'esclaves. 



Des pillards également, car je ne me voile pas la face, hein, en plus de l'activité fort noble que celle du commerce, ces Nordiens fort intelligents et extrêmement pragmatiques ont rapidement compris qu'un bon coup de hache pouvait résoudre par mal de tractations pénibles et les occasions ne manquèrent pas de se présenter. 



Des guerriers, pas tant pour leurs équipements navals ou terrestres, mais surtout pour leur bravoure, leur force de caractère et leur sens de l'organisation et de l'ordre qui font leur valeur militaire. Cependant, étant peu nombreux, à chaque fois qu'ils ont été confrontés à une résistance organisée et en nombre, ils ont été défaits et ont été assez intelligents pour ne pas insister. Ce fait est très bien montré dans la série, notamment face à Alfred de Wessex sur les côtes méridionales de l'Angleterre. 

Rien à voir donc, et j'insiste bien là-dessus, avec les valeurs martiales puantes que le IIIe Reich s'enorgueillit de leur prêter, quand on s'entoure de la bonne documentation évidemment. 

Et pour finir, le mercenariat était couramment utilisé pour s'enrichir. Disons-le tout net, le Viking était à vendre, pour qui payait bien, en échange d'une participation active à quelques règlements de comptes. 

Qui veut louer un Viking ?

Je vais arrêter ici cette première partie, lecteur, car je ne veux pas te faire mal à la tête. Dans un autre article, je te parlerai de certaines coutumes montrées par la série, notamment les rites religieux, mais également le mariage, la condition des femmes à l'âge viking et sur l'esprit communautaire et d'entraide qui est le cœur même de la mentalité viking. Enfin, si tu le veux bien ;)



Sources :

- Régis Boyer Les Vikings : Histoire, Mythe et Dictionnaire
- Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ragnar_Lodbrok
- Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Skjaldm%C3%B6