Moi, Stéphanie (aka Elaura),
administratrice du blog Bit-lit.com,
rédactrice,
maman, sorcière, metalhead, Janeite, chieuse à plein-temps. Aime le thé et les kilts.
Ma vie, mon œuvre, mes bafouilles.






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mardi 29 décembre 2020

Bilan 2020 : le Hygge, le Lagom... et si finalement il y avait du positif ?



Bonjour lecteur !

Oui c’est bien moi, après plusieurs semaines de silence (voir plusieurs mois), je me décide enfin à reprendre le clavier pour papoter un peu avec toi.

C’est la fin de l’année, 2020 n’a pas été tendre avec nous. Nous avons vécu une pandémie (et ce n’est pas encore terminé), deux confinements, des couvre-feux, une privation de liberté que les dernières générations n’avaient jamais connue. Il y a eu beaucoup de malades, il y a eu des morts, des pertes d’emploi… on a vu des secteurs professionnels entier s’écrouler. Oui, 2020 restera une année noire pour beaucoup.

Je n’ai pas été épargnée. L’année fut compliquée pour moi à plus d’un titre. Et pourtant, je n’ai pas spécialement envie de m’appesantir sur ce qui a été douloureux à vivre. J’ai envie de mettre en lumière ce qui fut positif. Non pas que je sois devenue maso en faisant mon bilan, je veux juste réaliser à quel point ce que nous avons vécu à pu m’impacter, me changer. Je veux aussi croire que j’ai réalisé des choses, en dépit du contexte.

Alors, j’ai pris une feuille et un stylo et je me suis obligée à penser à tout ce que j’avais entrepris et terminé, à toutes mes réussites qui ont été occultées par l’actualité. Au final, le bilan est plutôt positif, pas qu’il se soit passé des choses extraordinaires dans ma vie, et je suis peut-être douée d’une forte propension à la résilience, mais le constat est là : 2020 n’a pas été aussi pourrie que j’aurais pu le penser.



C’est un choc non ? De se rendre compte qu’au final, en dépit de tout ce qui s’est passé (et qui n’est pas encore réglé), il y a eu du positif. Et tu sais quoi ? ça me fait du bien. J’ai décidé d’arrêter de culpabiliser, parce que les deux confinements m’ont apporté beaucoup de choses, malgré les contraintes.






Voici les événements, réalisations, éléments (appelle cela comme tu veux) positifs de 2020, en ce qui me concerne. Oui c’est lié uniquement à mon vécu, mais qui sait, nous en partagerons peut-être quelques-uns. :

Premièrement, en dépit des difficultés et des retards liés à la pandémie, j’ai pu réaliser un souhait de longue date : retravailler mon anglais.

 
Cela peut te paraître futile, comme ça, mais c’est très sérieux. Ce souhait était lié, à la base, à une reconversion professionnelle ratée. L’anglais étant indispensable au métier que j’avais choisi. Si je n’ai pu mettre en place ma reconversion, j’ai pu, tout de même, bénéficier de deux mois de formation intensive en anglais et avoir un score plutôt pas mal au TOEIC. Oué, moi qui avais un niveau d’anglais ridicule, j’ai pu réussir un test de haut niveau en anglais professionnel. Alors oui, j’ai dû faire une croix sur ma reconversion, mais j’ai quand même réussi quelque chose que je pensais tout bonnement impossible. Boum, première victoire.



Deuxièmement, en dépit du contexte, encore une fois, j’ai retrouvé du taf.

 
Alors oui, ce n’est pas le travail auquel j’aspirais. C’est un job que j’avais déjà pratiqué pendant des années et que je ne souhaitais plus faire depuis un moment. Et pourtant, c’est bien vers celui-ci que je suis retournée. Au départ, c’était pour m’assurer une sécurité financière. Finalement, j’y reprends un certain plaisir, car, bizarrement, mon nouvel environnement de travail me convient totalement. C’est dingue qu’un job dont je ne voulais plus entendre parler me permette, au final, d’acquérir une certaine sécurité et me procure quelques satisfactions. Boum, deuxième victoire.



En 2019, il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie : j’ai déménagé dans une chouette maison, en campagne. J’ai pu aller au Hellfest, vu beaucoup de concerts, je suis parti en vacances à l’étranger, bref, mon année fut bien chargée. Puis 2020 est arrivée. La frustration fut énorme de ne pouvoir participer à des concerts, de ne pas pouvoir partir en voyage, de devoir annuler un certain nombre de mes projets. Même aller voir un film au cinéma n’était pas possible. Je suis du genre casanier, mais j’aime quand même avoir un peu de vie sociale et culturelle dans mon quotidien de solitaire. Parfois. 

 

 
Alors oui, être obligée de rester chez moi pendant de longs mois a mis à rude épreuve ma patience. Pourtant, ce fut une révélation à plus d’un titre. L’immobilité imposée m’a obligée à regarder ce qui se passait autour de moi. A vraiment regarder. J’ai vu le printemps s’épanouir dans mon grand jardin, j’ai vu la nature qui m’entoure changer et m’offrir tout un tas de cadeaux. Et j’ai surtout réalisé la chance que j’avais de vivre là où j’étais, dans cette maison. Et c’est probablement la plus grande leçon que m’a apportée 2020 : je suis heureuse là où je suis.

 


Je ne suis pas obligée de chercher les distractions à l’extérieur, à tout prix. Car j’ai déjà beaucoup a porté de main. Pas que je n’ai plus besoin du reste, juste qu’il n’est pas complètement indispensable à ma vie. Le simple fait de pouvoir passer du temps dehors, dans mon jardin, de planter des fleurs, de faire mon premier potager, m’a apporté bien plus que je ne pouvais l’imaginer. Les copines pourront en témoigner, j’ai développé une affection particulière pour mes légumes, notamment pour mes courges ! (Oui Becca, à partir de mars 2021, je filme mes discussions avec mes semis, mes légumes, mes fleurs et surtout, mes courges !).
 

 
Qui aurait cru que la citadine que j’étais pourrait s’épanouir à la campagne en faisant pousser des légumes ? Boum, troisième victoire.




Avant la pandémie, je me suis intéressée de près au fameux Hygge danois pour essayer de le comprendre. Je me suis aussi documentée sur le Lagom suédois. Autant de termes bizarres et de façons de vivre intéressantes dont je n’ai connu le véritable sens que cette année. Ces différentes philosophies de vie venant du nord m’interpellaient depuis un moment, me demandant comment les scandinaves arrivaient à vivre heureux. Je n’en n’ai compris le sens que pendant les confinements.
 
 
Le Hygge, ou l’importance d’être bien chez soi. Les danois vivent de longs mois d’hiver sans forcément avoir la possibilité d’activités extérieures. Nous avons été obligés de vivre chez nous, pendant un superbe printemps d’autant plus frustrant. Alors oui, je me suis inspirée des scandinaves pour remplir mes journées, pour décorer mon intérieur et en faire un joli nid douillet. Non, je n’ai pas passé commande chez Ikéa, j’ai juste mis en place des rituels, décoré avec des choses qui me font plaisir. Pas de minimalisme chez moi, il ne me réussi pas, mais une déco Farm House style avec de la récup, des cagettes, des livres partout. Des fleurs et des plantes récoltées régulièrement, de la déco naturelle qui venait de mon jardin et j’étais heureuse. 

 
Le hygge, c’est aussi se satisfaire de petits plaisirs simples. Je suis donc tout naturellement allée sur ce qui me faisait du bien. Le thé, les pâtisseries, la nature, les livres. Et tout cela, je l’avais à porté de main (Ou presque, quand je n’avais plus de farine ^^). Savoir se contenter de ce que l’on a, et faire avec. Là, entre en scène le fameux Lagom : ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut. L’équilibre, voilà ce que j’ai pu trouver en 2020. Le bon équilibre entre mes besoins et mes envies. Certes, j’aurais toujours mes bibliothèques bien pleines, car cela m’apporte toujours beaucoup de satisfaction. Mais je sais aussi me montrer raisonnable, je vais bien plus à l’essentiel, et sais me contenter de ce que je possède. Boum, quatrième victoire, et pas des moindres.



Alors tu vois, au final, malgré les difficultés, l’actualité et les coups du sort, il y a eu du bon, aussi, en 2020. Pour moi, en tout cas. Mais peut-être que pour toi aussi, il y a eu du bon. Faire ce bilan m’a fait du bien. Je termine l’année plus sereinement, avec un sentiment de satisfaction, celui d’un travail bien fait. Et je repars bien plus confiante pour la suite.


Oui, je suis vraiment et définitivement un Hobbit.

Dans tous les cas, je te souhaite une bonne année. Elle ne sera pas forcément merveilleuse, sera probablement encore difficile, mais je souhaite qu’elle t’apporte un peu de bonheur, tu sais, juste ce qu’il te faut.



jeudi 14 novembre 2019

Maladies féminines, endométriose et regard de l'autre : quand ton utérus devient ton pire ennemi.








Il m'en aura fallu du temps avant d'écrire cet article. Plusieurs mois avant de me décider à enfin prendre le clavier pour te parler d'un sujet fort intime. Celui de ma douleur physique, psychologique et sociale, de mon impuissance face à cette maladie qui touche une femme sur dix en France.

Comme tu le sais si tu me suis sur mes réseaux sociaux, j'ai subi une hystérectomie en février dernier, et ça m'a enfin libérée de l'enfer qu'était devenu mon quotidien.

Mais avant de rentrer dans mon intimité, on va parler brièvement de cette grosse mierdas qu'est l'endométriose :

« L'endométriose est une maladie caractérisée par la présence anormale de tissu utérin (ou tissu endométrial) en dehors de la cavité utérine. Cette anomalie engendre des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine (l'endomètre) et se comportent comme elles sous l'influence des hormones ovariennes. Il s’agit d’une maladie gynécologique fréquente, retrouvée chez 10 % des femmes. Cette proportion monte à près de 40 % parmi les femmes qui souffrent de douleurs pelviennes chroniques, en particulier au moment des règles.

Il n'existe pas de technique de dépistage de la maladie en population générale, ni pour les femmes à risque. Seules les patientes présentant des symptômes nécessiteront un examen clinique et des examens d’imagerie pour établir un diagnostic. »

Voilà une définition claire et précise donnée par l'Inserm, tu peux en savoir plus en cliquant sur le lien suivant https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/endometriose

Dans les faits, soyons honnêtes, c'est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Déjà, le diagnostic de l'endométriose est très difficile à faire sans une intervention invasive et prend, généralement, plusieurs années. Mais la raison n'est pas que médicale ni technique, les normes sociales en sont, bien souvent, les principaux facteurs.

Pendant des années, parler de ses règles était assez mal venu. Les règles ont toujours été perçues comme sales et honteuses. On se cache souvent, on a constamment peur de la fameuse tache de sang sur le pantalon, pas par crainte du liquide rouge en question, mais plutôt des moqueries et des remarques débiles que les autres peuvent sortir à ce moment-là. C'est vrai qu'en plus de la gêne occasionnée et probablement de la douleur, sortir une connerie plus grosse que soi du genre « Putain t'as tes ragnoutes, tu t'es tachée, t'as pas honte ? » est d'une intelligence rare.

Dans toutes les religions du Livre, la femme est perçue comme impure pendant ses menstruations et, par conséquent, ces pensées judéo-chrétiennes ont fortement conditionné notre manière de percevoir les règles, jusqu'à en avoir peur, honte et à se juger inapte à faire quoi que ce soit une fois par mois.

Or, comment parler de ses problèmes de règles quand, déjà, elles sont perçues comme sales ?

Autre norme sociale bien établie et ancrée dans nos crânes : nous sommes chiantes pendant nos règles. Et puis c'est tout à fait normal d'avoir mal pendant ses règles, de perdre beaucoup de sang. Puis on en fait trop quand on se plaint voyons : «Ouais l'autre, elle a ses règles, elle nous fait chier.» Encore une fois, comment parler de nos douleurs et de notre flux quand, de toute manière, nous ne serons pas entendues ? (Voici quelques références de bouquins si tu veux en connaître davantage sur les règles et comment elles sont perçues dans la société : Sang Tabou de Camille Emmanuelle, Ceci est mon sang d’Elise Thiebaut, Les joies d'en bas de Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl.)

Beaucoup de femmes taisent leurs douleurs, leurs angoisses et leur impuissance par peur d'être jugées. Et là est le gros problème des maladies féminines : elles ont été, pendant trop longtemps, étouffées, ignorées et reléguées dans la case hystérie (merci Freud). Les choses ont-elles vraiment changé ? Pas vraiment. Il suffit de voir le tollé généré par la pub Narta et ses petits cupcakes en forme de vulve. Et surtout, je me suis aperçue, pendant mes années de maladie, que peu de gens étaient disposés à nous écouter.

Je tiens à préciser que je ne vais parler que de ce que j'ai vécu et qu'en aucun cas je ne me permettrais de parler au nom des autres femmes atteintes par cette maladie. Mais peut-être que certaines d'entre elles se reconnaîtront, en partie, dans mon vécu.

Mon endométriose n'a jamais été diagnostiquée. J'ai été réglée assez jeune (9 ans) et mes règles ont toujours été problématiques : douloureuses et abondantes. J'ai donc vécu toute ma vie de femme avec l'idée qu'avoir mal pendant ses règles était normal. Or, cette affirmation est juste jusqu'à une certaine limite. Il n'est pas non plus normal de perdre énormément de sang pendant ses règles, même si le flux varie beaucoup en fonction des femmes, l’hémorragie n'est jamais normale.

À l'approche de mes 40 ans, j'ai cumulé un certain nombre de soucis de santé (ulcères hémorragiques notamment) qui furent traités mais qui ont caché, camouflé, une maladie bien plus pernicieuse . Mes règles devenaient de plus en plus douloureuses, le flux de plus en plus important, le tout provoquant une anémie chronique morbide dont on ne trouvait jamais vraiment la cause car, vois-tu, mes autres symptômes (pertes importantes de sang, douleurs...) étaient jugés comme normaux.

Je suis passée par tout un tas d'examens qui n'ont permis aucun diagnostic, même une échographie pelvienne n’a rien révélé d’anormal. Or, mon endométriose était bel et bien là, et depuis de nombreuses années. J'ai donc passé les quatre années qui ont suivi, à souffrir. Quatre putain d'année pendant lesquelles j'ai pu découvrir le véritable visage des gens de mon quotidien, les collègues de boulot en tête de gondoles. Car si l'endométriose a de lourdes conséquences physiques, on néglige bien trop souvent son impact social et psychologique. On parle souvent de l'infertilité qu'elle provoque, et c'est une réalité. Je m'estime heureuse d'avoir réussi à enfanter une fois entre plusieurs fausses couches. Mais la détresse sociale et psychologique (comme dans toutes les maladies envahissantes) est également une réalité.

Pendant toutes ces années, je n'ai pas réussi à garder un emploi stable, faisant face, trop souvent, à l'incompréhension de mes supérieurs et collègues. Oui, il y a des jours où je ne pouvais pas aller travailler, il y a des jours où je ne pouvais même pas me lever, où la douleur était telle que j'étais obligée de monter mes escaliers à quatre pattes et où rester debout relevait du supplice. Comment enseigner face à une classe de 30 élèves dans ces conditions ? Il y a des jours où mes pertes de sang étaient si importantes, que j'étais obligée de me changer toutes les 15 minutes. Comment tenir une heure de cours sans aller aux toilettes ? Et puis est arrivé le moment où mes règles duraient... 20 jours. 20 jours de perte continue de sang avec un flux important. 20 jours de douleur sans aucun repos (même la nuit). Alors les malaises se succédaient, jusqu'à être hospitalisée d'urgence. Et puis il y avait les jours d’absence. Mais comment annoncer à son employeur qu'on ne peut pas assurer son service parce qu'on a... ses règles ? Outre le fait que je n'avais pas spécialement envie de dévoiler mon intimité, la peur et le jugement de l'autre sont encore une fois, toujours là. Alors on cherche des excuses, on invente d'autres petites maladies handicapantes pour qu'on vous foute la paix. On finit par passer pour la prof (ou l'employée) incapable qui a toujours un truc qui ne va pas, le boulet sur lequel on ne peut pas compter, celle qui n'a pas envie de bosser, celle qui n'est pas sérieuse. Et le peu de personnes a qui tu as osé te confier finissent par te dire que tu en fais trop, tu as juste tes règles, fais pas chier. JUSTE mes règles. Ne cherche pas à comprendre, c'est tellement plus facile.

Heureusement, j'ai un mari aimant et compréhensif. Parce que notre vie intime est également fortement impactée par la maladie. Les pertes de sang continues et la douleur ne nous permettent pas de vivre une sexualité épanouie, c'est important de le souligner. Parce que oui, l'intégralité de mon intimité n'était que douleur trois semaines sur quatre. L'idée même d'être touchée m'était insupportable. Je me sentais sale (merci les religions, hein, je ne vous aime définitivement pas), je sentais le sang, j'avais mal, alors tu penses bien que le sexe était à des années-lumières de mes principales préoccupations.

J'ai fini par détester mon corps. Vraiment. Viscéralement. Il était source de tous mes malheurs, de tous mes maux. Il me trahissait continuellement, je ne pouvais plus compter sur lui. Me réconcilier avec lui m'a pris du temps, lui pardonner aussi. Je ne m'étale donc pas sur mon estime de moi réduite à néant par mes échecs professionnels et la manière dont j'ai été traitée, je pense que tu as compris tout seul qu'il est difficile de garder confiance dans de telles conditions.

La libération est arrivée grâce à mon gynécologue qui, me voyant au bout du bout, m'a proposé l'hystérectomie. Une dernière échographie a enfin révélé un certain nombre de fibromes utérins justifiant l'intervention. J'ai été opérée le 27 février par voie basse. On m'a enlevé mon utérus et mes trompes qui étaient dans un sale état. Fort heureusement, mes ovaires étaient encore potables, on les a laissés tranquilles et je ne suis donc pas ménopausée. Et c'est en voyant l'état de mon utérus (et la biopsie qui a suivi) que le diagnostic de l'endométriose a enfin été posé.

Ce fut douloureux (encore). Il m'a fallu du temps pour récupérer. Beaucoup. Mais maintenant je n'ai plus mal, je ne perds plus de sang et je suis, enfin, en pleine forme. J'ai repris en main mon corps, mon intimité, je suis enfin libérée. Si j'ai finalement pu bénéficier d'une chirurgie définitive, je reste persuadée que si j'avais été écoutée, entendue comme il aurait fallu, on aurait pu m'éviter ces années de galère et de douleur qui m'ont, j'ose l'avouer, pas mal détruite.

Mais j'ai dorénavant envie de me tourner vers l'avenir et de profiter de cette nouvelle sensation, celle d'être en forme et de ne plus ressentir aucune douleur. De me sentir plus forte physiquement, mentalement. Reste plus qu'à me reconstruire professionnellement et ça, j'ai bien peur que ça demande plus de temps.

Voilà, maintenant que j'ai couché tout cela sur le papier, je me sens satisfaite et soulagée. N'hésite pas à revenir vers moi si tu as des questions. Ne reste jamais seule dans ta douleur et si personne ne t'écoute, donne de grands coups de pelles dans la face des gens, ça soulage. Je t'embrasse. 












vendredi 6 septembre 2019

Pumpkin Autumn Challenge : Ma PAL !



Hellooooo !

Me voici de retour pour te présenter ma PAL actuelle pour le #PumpkinAutumnChallenge !

Je vais y participer, mais à ma manière, je n'ai pas spécialement envie de me mettre la pression, et je veux pouvoir lire sans stress dans les catégories et sous-catégories qui m'inspirent le plus. J'ai également décidé de ne faire aucun achat de livres supplémentaires pour ce challenge, préférant piocher dans mon immense pile à lire et de prioriser des ouvrages qui y sont depuis longtemps et que je n'ai pas eu le temps de lire. Autant te dire que le choix fut compliqué, mais les voici, les petits veinards choisis (clique sur les couv pour avoir les résumés) :

Automne Frissonant

Dans cette catégorie, j'ai choisi un livre par sous-catégorie, j'étais plutôt inspirée et il y avait de quoi me satisfaire dans mes bibliothèques :

Tu n'en reviendras pas ! :

Fog de James Herbert

https://amzn.to/2zYq0UW

Les os/eaux de David jones :

Bayou Fantasy tome 1 : Le carnaval du démon de C.C. Mahon

https://amzn.to/2MXJMs4


Les freaks, c'est chic ! :

Le cirque des rêves d'Erin Morgenstern 

https://amzn.to/2ZLcoff



Automne Enchanteur

Pour cette catégorie, je n'ai choisi que deux sous-catégories, mais pour l'une d'elles (je te laisse deviner laquelle), j'ai dû me restreindre, j'aurais pu tenir le challenge rien qu'avec elle ^^ :

Misty day :

La Morrigan de Morgan Daimler

https://amzn.to/311IvUm

Guide pratique de l'Asatru de Patricia M. Lafayllve

https://www.amazon.fr/Guide-pratique-lAsatru-Patricia-Lafayllve/dp/B07DS3VL4M/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=guide+pratique+de+l%27asatru&qid=1567793534&s=books&sr=1-1

Prenez garde aux souliers pointus :

Journal d'une sorcière de Celia Rees

https://amzn.to/311k4Xa

Les sorcières de Salem d'Arthur Miller

https://amzn.to/30ZvFWA



Automne Astral

Un seul livre pour cette catégorie, du moins, pour l'instant.

Songe d'une nuit d'automne :

Moriah's Landing tome 1 : Le sanctuaire oublié d'Amanda Stevens

https://amzn.to/2HSbNx7


Automne douceur de vivre

Jack O'Lantern :

L'inconnu d'Halloween de Marie Harte

https://amzn.to/2zU1XGK

Samhain de Diana Rajchel

https://amzn.to/316XpZG

Deux relectures pour ma part, mais plutôt de saison ;)

Le crime d'Halloween d'Agatha Christie 

https://amzn.to/31cH3yk

Un classique, mais que j'ai envie de lire depuis longtemps !

Un cinamon roll et un chai latte à emporter s'il vous plait !

Les fantômes des victoriennes paru aux éditions José Corti, un recueil de nouvelles d'écrivaines de l'époque victorienne, dont Elizabeth Gaskell, qui trône depuis des années dans ma bibli sans avoir eu le temps (ou le courage) de le lire, c'est donc l'occasion rêvée !

https://amzn.to/2ZECArG


Et voilà, il est fort possible que ma PAL change en cours de route et que je rajoute un ou deux titres par envie, mais je la trouve déjà bien appétissante !





Allez, zouuuu, c'est parti \o/ bon challenge aux participants !!




ça c'est pour nous encourager !!! ne me remercie pas.


mardi 3 septembre 2019

Pumpkin Autumn Challenge 2019


Hello lecteur !

J'espère que tu te portes bien en ce jour de rentrée scolaire (un jour bénis entre tous), et que l'arrivée de l'automne te met en joie ! Moi, comme tu le sais, en étant une fan hardcore de l'automne, je le suis. J'ai donc décidé cette année de participer au Pumpkin Autumn Challenge initié par Guimause, ce sera l'occasion de partager avec toi mes lectures sur le thème de l'automne et d'halloween.

Voici la vidéo de présentation du challenge de cette année :


Et voici le résumé des catégories en image :


Comment participer et valider son challenge ?


Alors, est-ce que tu participes toi aussi au challenge ? Es-tu tenté d'y participer ? Nous sommes le 3 septembre et j'avais hâte de commencer, je reviens vers toi très vite pour une petite présentation de ma PAL ;)
Dans l'attente, mange des roulés à la cannelle, c'est bon pour le moral.


mardi 19 février 2019

Wiccane ? Sataniste ? Païenne ? Juste moi, ou comment j'ai créé ma propre mythologie.





Helloooo lecteur ! J'espère que tu vas bien depuis mon dernier article. Le mois de février est déjà bien avancé et l'air devient plus doux. Les prémices du printemps commencent à se faire sentir et l'excitation du prochain sabbat est bel et bien là. C'est le moment idéal pour faire un bilan de tout ce que nous avons accompli et de ce que nous voulons semer. Il est donc opportun pour moi d'écrire cet article. Comme tu le sais, j'ai fait acte d'apostasie il y a quelque temps. Mais je ne t'ai jamais vraiment parlé de ma pratique spirituelle. Déjà, parce que je suis pudique sur le sujet. Ensuite, parce que j'aime que l'on me laisse tranquille dans mes croyances sans que l'on me pose des tas de questions. Et enfin, pour éviter les préjugés et les remarques malvenues. Mais le réveil des sorcières est dans l'air du temps, il est donc moins pénible pour moi d'échanger avec toi sur le sujet.

La genèse

Mon intérêt pour le paganisme et les sciences occultes n'est plus vraiment un secret, j'en ai parlé à plusieurs reprises. si tu me suis sur Instagram, tu as dû voir des photos d'autel (enfin, une seule) ou de lectures ésotériques. J'ai commencé à pratiquer une forme de magie personnelle il y a plusieurs années déjà. 
En fait, je pratiquais une sorte de magie des campagnes sans savoir que c'était de la magie des campagnes. Un gros mélange d'utilisation de plantes, d'encens, de prières et de neuvaines. Une forme de magie sacrale chrétienne que je continue à pratiquer aujourd'hui, au besoin. Après tout, allumer une bougie blanche, faire brûler de l'encens de Jérusalem et réciter une prière de purification, c'est déjà de la magie. Mais à l'époque, je ne le savais pas. Je priais Dieu et rendais grâce à Mère Nature pendant les sabbats. Il était évident que ma pratique ne collait absolument pas avec la dévotion catholique alors je me suis intéressée à d'autres formes de religions, préchrétiennes pour la plupart. Dans un intérêt historique d'abord, puis spirituel. 
J'ai beaucoup lu, des livres ésotériques comme des productions plus académiques. Sur les religions nordiques, sur les religions celtes, sur les peuples qui les ont portées. Sur les panthéons égyptien, grec, japonais... J'ai lu sur le shintoïsme, le bouddhisme, l'hindouisme... Sans te mentir, cela m'a pris 15 ans. Quinze années de lectures, de recherches, de questionnements. Ce fut passionnant. Parfois frustrant, mais jamais inutile. J'ai découvert les arts divinatoires, comme les oracles, le tarot, les runes, l'ogham. 
Dans tout ce que j'ai lu, rien ne me correspondait pleinement. Je veux dire, certaines parties me convenaient, d'autres moins. Je n'arrivais pas à être totalement alignée avec une seule de ces religions ou spiritualités. Alors, j'ai fini par me créer ma propre spiritualité. En prenant ce qui m'intéressait, ce qui m'appelait dans certaines pratiques et en laissant de côté ce qui ne me plaisait pas. Un gros melting-pot de paganisme, de christianisme, mais aussi de ma propre mythologie. Oui, parce que j'avais besoin de mettre beaucoup de « moi » dans ma pratique. 
Lire des bouquins, c'est super important. Se renseigner au maximum sur la pratique de la sorcellerie, les plantes, les encens, les rituels, les panthéons, c'est vital. Comprendre les rituels proposés dans un livre ou une vidéo est essentiel pour pratiquer. Mais prendre de la distance sur ce que nous voyons et lisons l'est tout autant. Il me semble nécessaire d’y ajouter sa touche personnelle, un petit bout de soi, un truc vraiment intime. Car la magie ne fonctionne pas si tu ne te sens pas franchement à l'aise avec elle.



La pratique

Alors je vais peut-être m'attirer les foudres des puristes, mais après tout, j'ai déjà mené des combats plus difficiles sans me laisser emmerder par quiconque. Alors on va dire que je m'en fous.



Ma pratique de la magie et de la sorcellerie je ne l'ai pas apprise dans un bouquin ni auprès d'un mentor. Comme je te l'ai dit, j'ai beaucoup lu, regardé beaucoup de vidéos et je ne renie pas tout ce que j'ai pu apprendre. Bien au contraire, je le sublime, à ma sauce. Je lui rends grâce à ma manière.
Déjà, mes outils magiques sont peu communs. Je n'ai pas de baguette, je ne l'ai pas encore rencontré. Un jour peut-être. Je n'ai pas d'athamé, pour la même raison citée plus haut. J'ai un petit chaudron, un bol ignifugé... Un calice. Ah oui, j'ai un calice. Mais, contrairement à ce que l'on peut lire ou voir, mon autel n'est absolument pas "instagramable". Et mon calice... En fait, tu sais quoi ? Bah, tes objets magiques doivent te parler à toi, rien qu'à toi, ils doivent vibrer pour toi, tu dois avoir de l'affection pour eux. Du coup, ton calice peut ressembler à une superbe coupe gothique, en cristal ou à tout autre chose. Il peut être un simple pot de terre ou le verre à moutarde Goldorak que tu gardes précieusement depuis tes 4 ans, qu'importe, le principal étant que tu aimes l'utiliser et le voir sur ton autel. (Bon, voilà, je suis démasquée.)




C'est ça, ajouter sa propre mythologie, sa propre histoire. Tes souvenirs, bons ou mauvais, tes coups de cœur, tes passions, tes références culturelles, celles de tes films, séries ou livres préférés. Oui, même si ce sont des personnages ou des objets de fiction. Quelle importance ? Ce qui compte, c'est ce que provoquent ces objets ou ces pensées en toi, l’énergie qu'ils vont t'apporter ou t'aider à canaliser. Dans ma pratique, j'y inclus ce qui me correspond. Alors, si lors d'une belle nuit étoilée, j'ai envie de prier Varda, je le fais (si tu comprends cette référence, sache que je t'aime). Et si j'ai envie d'inclure Chuck dans mes rituels, je le fais également (idem).


Cela peut paraître débile comme ça, ça n'a probablement aucun sens pour toi, lecteur, mais pour moi, pratiquer la magie doit être une source de joie, de plaisir, de kiff qui te fait des choses dans ton ventre, fait palpiter ton petit cœur et mouiller ta culotte. Alors si pour y arriver, tu as besoin de Maïa l'abeille ou d'écouter un bon Behemoth, fais-toi plaisir.


Nergal, chanteur de Behemoth, il est plein d'amour.


Ah ? Satan est dans le coin ? Oui et non. Nous sommes beaucoup à utiliser, écouter, s'inspirer (Tu peux rayer les mentions inutiles.) de la musique dans notre pratique. J'écoute différents genres qui peuvent s’associer facilement à une pratique magique, une prière, une méditation, un temps de pause : le folk, le nordic folk, le metal folk, le classique, les musiques asiatiques... Mais, ce qui me fait vraiment vibrer dans mes tripes, c'est le Metal et ses variantes : le Heavy Metal, le Black Metal, le Death Metal, le Trash Metal… Bref, je crois que tu as pigé le truc.




De part son histoire, le Metal a toujours été fortement corrélé au satanisme. Bah voui, à travers le fameux triton, cette gamme de notes considérée comme diabolique au Moyen Âge. Rendons grâce à Black Sabbath et à ce fameux 13 février 1970 qui a vu la naissance d'un genre qui allait être autant rejeté qu'adoré (Tony Iommi, guitariste de Black Sabbath, a été le premier à utiliser un riff basé sur le triton, le fameux « interval du diable »).



Alors évidemment que le triton (tout comme Black Sabbath) n'a rien de diabolique. Mais comme la vie n'est pas toujours rose, happy end et bisounours, après la grande salve hippie qui nous obligeait à voir du bonheur partout (à coup de LSD), les Britanniques de Black Sabbath ont décidé de parler de la peur, de la tristesse, de la mort et de la possession.

Loué soit Black Sabbath. Alors, depuis ce premier album éponyme, le Metal a énormément évolué en différents sous-genres plus ou moins orientés. Oui, la figure satanique est largement utilisée dans les visuels, dans les textes etc. (Il suffit de voir le nombre de groupes qui utilisent Baphometh comme emblème.), mais plus par opposition au christianisme que par dévotion. 



Sincèrement, du haut de mes 44 ans dont 30 ans de musique Metal, je n'ai jamais rencontré de vrais satanistes. Ah ah, ça t'en bouche un coin, non ? Déçu ? Je ne peux rien pour toi.



Mais quel est le lien avec moi ? Disons que si satanisme, il doit y avoir, en ce qui me concerne, il est encore une fois très lié à la pop culture. Oui, Lucifer est une icône de la pop culture. Ça casse le mythe ? Bah pas vraiment. Mais non, lecteur, je ne sacrifie pas de bébés au petit déjeuner . 
Encore une fois, en tant que passionnée de monstres, de fantastique, de cinéma d'horreur et de Metal, je le kiff, Lulu. C'est l'image luciférienne telle qu'elle a été décrite au XIXe siècle qui a principalement marqué la pop culture (voir mon article sur Lucifer publié il y a un bon moment déjà) et nos esprits. Et on ne peut pas dire qu'il n'est pas séduisant en antihéros qui se révolte contre son papa.



Donc, oui, si l'on prend en compte l'ensemble de ces éléments, dans ce contexte précis, je peux être considérée comme sataniste. Mais je ne fais aucune dévotion ni de rituel à la gloire de la Bête. Tu peux ranger tes croix, tes exorcismes, ton bûcher et ton inquisition.



Est-ce que l'imagerie satanique peut être utilisée dans ma pratique ? Oui. Quand j'ai besoin de nourrir mon côté sombre. Écouter du Metal et s'en inspirer pour créer sont une forme de magie et une catharsis très efficace. Mais non, je ne vais pas faire appel à un démon pour occire mes ennemis.



Est-ce que Lucifer peut intégrer mon panthéon, pas en tant que Bête, mais en tant que porteur de lumière ? Oui. Totalement. Pleinement.




 Bref, je vais m'arrêter là, mon article est déjà trèèèès long et je te félicite si tu l'as lu jusqu'au bout. J'espère avoir réussi à transmettre mon sentiment sur la spiritualité et la pratique magique qui est, certes, peu commun et certainement peu partagé par les gardiens du temple.



Mais j'ai toujours été seule dans ma pratique religieuse, alors si je dois poursuivre mon chemin seule, ce n'est pas bien grave. À bientôt donc, pour des chroniques et de nouveaux articles. Dans l'attente, des bises et bon apéro.

Oui, j'avoue, je voulais absolument mettre cette image !