Moi, Stéphanie (aka Elaura),
administratrice du blog Bit-lit.com,
rédactrice,
maman, sorcière, metalhead, Janeite, chieuse à plein-temps. Aime le thé et les kilts.
Ma vie, mon œuvre, mes bafouilles.






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dimanche 19 mai 2013

Gatsby le Magnifique



Synopsis :

Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. 
C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Mon avis :

Le voici enfin ce Gatsby tant attendu, autant par les fans de Baz Luhrmann que par ses détracteurs, car il est une chose évidente dans le cinéma hollywoodien actuel, c'est que le réalisateur est autant adulé que détesté. 
Pourtant, si Moulin Rouge ou encore Roméo + Juliet furent des réussites dantesques, des O.V.N.I. cinématographiques, Luhrmann passe un cap supplémentaire avec ce dernier film, laissant éclater son génie visuel autant que sa capacité à l'introspection, chose à laquelle il nous avait peu habitué jusqu'à maintenant.



Car Gatsby n'est pas uniquement un film sur les années folles et son insouciance, mais parle avant tout de sa génération désabusée, sa propension à ne s'occuper que des apparences et laisser la crise présenter le bout de son nez. Boire, danser, faire la fête, mais avant tout, pour oublier. 
C'est aussi l'histoire d'un homme au passé trouble dont l'amour de sa vie devient son obsession, la dernière possession à acquérir, l'idéal d'une vie inventée, la lumière verte à l'autre bout de la rive qu'il n'atteindra jamais. 



Le réalisateur n'oublie jamais le caractère dramatique du personnage et ses côtés sombres et c'est ce qui fait toute la différence. Il n'y a pas d'idéal amoureux dans la vie de Gatsby, il n'y a que solitude et regrets. D'ailleurs Luhrmann et DiCaprio n'ont pas seulement travaillé sur le roman culte de Fitzgerald, mais également sur Trimalchio, une nouvelle que l'auteur a publié à part, un espèce d'appendice qui contient des notes de lecture et tout ce qui n’apparait pas dans The Great Gatsby et notamment les éléments les plus sombres de la vie de Gatsby ce qui permet d'avoir à l'écran une vision moins superficielle du personnage.
Di Caprio, parlons-en, toujours aussi impressionnant, il n'a jamais été aussi beau à l'écran, saisissant de vulnérabilité, incarnant un Gatsby mystérieux mais également dangereux. 



De la bande son hip hop jazzy, aux décors décadents, en passant par la mise en scène décalée, Gatsby le Magnifique est une grande leçon de cinéma, car la profondeur psychologique et le drame de l'intrigue ne sont jamais laissés de côté au profit d'une débauche visuelle. Le dosage est juste parfait, hypnotique et désespérément romantique.



Fiche Technique

Gatbsy le Magnifique
Film australien et américain de Baz Luhrmann
Avec : Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan...
Genre : Drame, romance
Durée : 2h22 mn
Sortie française : 15 mai 2013


samedi 23 février 2013

La Chasse [The Hunt]



Synopsis

Après un divorce difficile, Lucas, quarante ans, a trouvé une nouvelle petite amie, un nouveau travail et il s'applique à reconstruire sa relation avec Marcus, son fils adolescent. Mais quelque chose tourne mal. Presque rien. Une remarque en passant. Un mensonge fortuit. Et alors que la neige commence à tomber et que les lumières de Noël s'illuminent, le mensonge se répand comme un virus invisible. La stupeur et la méfiance se propagent et la petite communauté plonge dans l'hystérie collective, obligeant Lucas à se battre pour sauver sa vie et sa dignité.

Mon avis :

Voici un film qui a provoqué un mini scandale lors de sa diffusion à Cannes cette année. À vrai dire, je me demande encore pourquoi, tant le sujet, même s'il est excessivement délicat, est légitimé ici en France par une affaire des plus sordides.


Ce long-métrage peut déranger, choquer, il n'en reste pas moins qu'il relate une certaine réalité. Thomas Vinterberg n'ayant jamais fait dans le cinéma de complaisance, filme cette histoire avec sobriété, se focalisant principalement sur la manière dont Lucas vit l'accusation dont il fait l'objet et surtout sur la crédulité de la communauté qui l'entoure. La descente aux enfers de Lucas fait vomir, interpelle, terrifie même puisque nous, spectateur, savons tout de son innocence.


La fin nous prouve que rien n'est tout à fait réglé, que la suspicion subsiste malgré les preuves, malgré le mensonge et le titre du film prend tout son sens.
Mads Mikkelsen, Prix d’interprétation à Cannes, joue avec justesse, émotion, sans tomber dans le pathos et porte le film de manière magistrale.
Sous une apparente simplicité, le cinéaste nous offre un film fort, complexe, dévoilant les côtés les plus sombres de la nature humaine. Un grand moment de cinéma.



Fiche Technique

La Chasse (The Hunt)
Film dannois de Thomas Vinterberg
Avec :
Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen,
Annika Wedderkopp
Genre : Drame
Durée : 1h51mn

mercredi 5 décembre 2012

Archipelago



Synopsis : 

Edward retrouve sa mère et sa soeur sur l'île de Tresco pour des vacances en famille avant son départ pour l'Afrique, où il part faire du bénévolat pendant un an. Le père d'Edward, supposé les rejoindre, ne viendra finalement pas et son absence ramène à la surface colères enfouies et émotions réprimées. Des tensions sous-jacentes émergent progressivement, à la fois à travers la rivalité frère/soeur et la mésentente au sein du couple parental.




Mon avis :

Second long-métrage de la réalisatrice Joanna Hogg, Archipelago est encore une fois un film sur la famille, ses tensions et incompréhensions, ses non-dits, car après tout, on ne choisit pas forcément les membres qui la compose. Avec Unrelated, son premier film, la cinéaste nous faisait découvrir les joies d'une bourgeoisie britannique en vacances, comédie douce-amère qui au final, s'avérait beaucoup plus complexe qu'elle ne le paraissait.
Ici, même mode opératoire, si ce n'est que nous quittons l'Italie pour la magnifique île de Tresco, à la rencontre d'une mère et de ses deux enfants.


Toujours sur le ton du tragi-comique, même si nous rions jaune, Joanna Hogg se focalise sur une famille anglaise aisée, divisée, où le dialogue, le « vrai » est souvent absent.
Edward (Tom Hiddleston) est un gentil garçon (peut-être un peu trop, il en devient presque arrogant) de 28 ans qui souhaite partir en Afrique pour faire du bénévolat pendant un an. Cette décision suscite l'incompréhension de sa famille et surtout de sa sœur Cynthia (Lydia Leonard), peu sympathique et qui a une fâcheuse tendance à faire des histoires pour tout. Leur mère, Patricia (Kate Fahy), préfère se réfugier dans ses cours de peinture en tentant d'oublier que son mari est trop occupé pour les rejoindre. Rose (Amy Lloyd), la cuisinière engagée pour les vacances, tente de faire son travail dans une atmosphère de plus en plus pesante. Bref, un portrait pas très joyeux mais pourtant assez réaliste. En effet, dans une famille, il est parfois difficile de faire sa place en gardant sa singularité. Quand on évolue un peu différemment, nos proches sont souvent tentés de nous pousser vers le droit chemin, celui qu'ils ont choisi pour nous. S'ensuit souvent jugement ou indifférence, et comme nous n'aimons pas décevoir un malaise profond s’installe, nous empêchant d'être vraiment nous-même.
Ici, La famille Leighton refuse d'accepter ses parts d'ombre et de les affronter, au final, rien n'est réglé, chacun repart à ses propres occupations avec un profond sentiment d'insatisfaction.


Comme dans son premier film, Joanna Hogg filme avec maîtrise cette tranche de vie, utilisant des plans larges faisant la part belle à l'autre grande actrice du film, l'île de Tresco, majestueuse. La bande-son est quasiment absente renforçant le malaise. L'émotion est moins présente que dans Unrelated, laissant place à quelque chose de peut-être plus subtil, qui pousse à réfléchir et force à l'introspection.
Un film qui pourra paraître bien déroutant à beaucoup mais qui reflète, encore une fois, l'indéniable talent de la cinéaste.






Fiche Technique
Archipelago
Film britannique de Joanna Hogg (2010)
avec : Tom Hiddleston, Kate Fahy, Lydia Leonard, Amy Lloyd...
Genre : Drame
Durée : 1h40mn

vendredi 23 novembre 2012

Unrelated



Synopsis :

Une femme s'échappe d'un mariage malheureux et trouve refuge dans la famille d'une amie en vacances, où les évènements la confrontent à la dure réalité de ne jamais avoir d'enfants.


Mon avis :

Premier long-métrage de la cinéaste, Unrelated est un film un peu à part, dont le réalisme et le traitement en font un OVNI. Les différents thèmes abordés n'ont qu'une apparente légèreté car ce regroupement familial banal et dénué d'intérêt laisse place à quelque chose de plus profond, de plus éprouvant et l’interprétation émouvante de Kathryn Worth n'y est pas étrangère. 




Sienne, pendant l'été. Anna (Kathryn Worth) débarque dans une superbe villa, invitée par une amie d'enfance, Verena (Mary Roscoe), qui passe ses vacances en compagnie de ses enfants, de son nouveau mari et d'un ami. Anna arrive tard dans la soirée, seule, laissant derrière elle un mariage compliqué, traînant une simple valise mais des tonnes de soucis non résolus. Très vite, le ton est donné. Le groupe d'adolescents constitué des enfants de chacun boivent, s'amusent, parfois avec excès, tandis que les parents en font de même. Portrait d'une bourgeoisie britannique un brin irritante, qui n'a pas grand chose d'intéressant à dire. Anna n'y trouve pas sa place et se rapproche donc des plus jeunes, malgré sa quarantaine bien entamée. Elle tente, autant que faire se peut de se sentir en phase, sans vraiment être totalement dedans. Une tension sexuelle s'installe alors entre Anna et Oakley (Tom Hiddleston), le plus âgé des enfants, la vingtaine tout juste, qui a pas mal de soucis relationnels avec son père. Le jeune homme se comporte étrangement, avec ambiguïté, devenant tantôt distant, tantôt indiscret avec des questions intimes et des regards appuyés. D'ailleurs, son regard est loin d'être innocent quand il voit Anna se baigner nue dans la piscine.



Le fossé se creuse entre le groupe des adultes et Anna dont les agissements provoquent un certain malaise. Tout bascule quand elle se rend compte qu'elle a peut-être mal interprété le comportement d'Oakley et que par inadvertance (ou par vengeance) elle parle d'un accident tenu secret par les plus jeunes. Elle se retrouve rejetée, autant par les uns que par les autres, en marge. La scène (dont l'affiche du film est tiré) est assez poignante de vérité, Anna marche seule, oubliée de tous les autres, comme si le souhait de mettre de la distance entre elle et eux était une évidence.



Joanna Hogg filme cette tranche de vie avec une incroyable maîtrise, en toute intimité, laissant place à l'improvisation, autant dans ses plans que dans les dialogues. Cela donne l'impression d'assister à de réels échanges, non joués, portés par un groupe d'acteurs doués. Kathryn Worth est terriblement touchante dans son rôle, avec cette tristesse refoulée et sa volonté de s'intégrer. Tom Hiddleston, dont c'est le premier film et qui partage ici l'affiche avec sa sœur Emma, montre déjà qu'il est un acteur capable de beaucoup, tant par son jeu que par son charisme.



Un film qui parle « vrai » des différences entre les générations, de l'impression constante de passer à côté. Anna fait le bilan de sa quarantaine et constate, de manière cruelle, qu'elle est obligée de tirer un trait sur son souhait le plus cher. La comédie du début (qui nous fait bien souvent penser à du Eric Rhomer) devient glaçante au fur et à mesure que la psychologie des personnages se dessine et que l'émotion brute s'impose. La fin en demi-teinte nous montre que quoi qu'il se passe, la vie continue. Brillant !




Fiche Technique
Unrelated
film britannique de Joanna Hogg (2007)
Avec : Kathryn Worth, Emma Hiddleston, Tom Hiddleston, Mary Roscoe, Harry Kershaw...
Genre : drame
Durée : 100 mn.

mardi 28 août 2012

The Deep Blue Sea


Synopsis :

Hester Collyer, épouse de Sir William Collyer, haut magistrat britannique, mène une vie privilégiée dans le Londres des années 1950. A la grande surprise de son entourage, elle quitte son mari pour Freddie Page, ancien pilote de la Royal Air Force, dont elle s'est éperdument éprise. Sir William refusant de divorcer, Hester doit choisir entre le confort de son mariage et la passion.


Mon avis :

Adaptation de la pièce du dramaturge Terence Rattigan montée en 1952, The Deep Blue Sea est une merveille de mélancolie. Film déroutant par bien des choses, il vous colle à la peau longtemps après visionnage.
Pourtant, le sujet est des plus classiques : une femme mariée tente de trouver l'amour dans les bras d'un amant charismatique et plus jeune, fuyant un mariage bien trop conventionnel et ennuyeux. Un schéma des plus utilisés et pourtant, rarement sentiments amoureux n'auront été si bien mis en scène. La passion comme maladie qui mène forcément à sa perte - et recherchée comme une nécessité vitale - est ici traitée avec délicatesse, les regrets qui s'en suivent sans morale excessive et la plongée n'en fut que plus profonde.
Il y a des histoires d'amour qui n'ont pas d'époque tant elles touchent au cœur de chacun de nous, celle d'Hester et Freddie en fait partie.


D'une esthétique parfaite et surannée, Terence Davies nous livre un mélodrame d'une beauté inclassable, sublimé par une Rachel Weisz émouvante et tout en retenue et un Tom Hiddleston touchant dans son rôle d'amant qui ne sera jamais totalement à la hauteur des attentes de l'être aimé.

Un film bouleversant, dont l'ambiance feutrée vous glace autant qu'elle vous touche, un très grand moment de cinéma. 

Mon avis est certes un peu court, mais les mots me manquent. The Deep Blue Sea n'est pas un film qui se dissèque, il se vit, tout simplement.



Fiche Technique

The Deep Blue Sea
Film britannique et américain de Terence Davies (2011)
Avec : Rachel Weisz, Tom Hiddleston, Simon Russell Beale
Sortie française : 20 juin 2012
1h38 minutes.

vendredi 9 décembre 2011

Shame



Synopsis

Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie... 

Mon avis :

Après un fracassant Hunger, Steve McQueen (aucun lien, fils unique*)  nous reviens avec un nouveau long métrage tout aussi réussi qui ne fait que confirmer tout le bien que nous pensions du réalisateur.
A croire que l’art contemporain et le cinéma expérimental peuvent accoucher de virtuoses qui vous explosent la tête sans chichi ni visions contemplatives soporifiques.
Steve McQueen en est la preuve. Avec Hunger déjà, son premier film, il nous exposait crument le combat de Bobby Sands, figure christique de l’IRA, qui entama une grève de la faim en prison jusqu’à ce que mort s’en suive.
Avec Shame, c’est la vie quotidienne de Brandon que nous lorgnons par le trou de la serrure. Un autre combat, un autre enfermement, celui de l’addiction au sexe.
Dans Hunger, Bobby Sands prenait le contrôle de son corps, mais dans Shame, c’est le corps de Brandon qui le contrôle. Autant de relations à la chaire qui ne font que nous plonger intimement dans la vie des protagonistes.



Brandon est un trentenaire extrêmement séduisant et qui bénéficie d’une bonne situation. Mais, passé la porte de son appartement, nous rencontrons le vide. Quelques meubles, des murs blancs, lignes épurées non investis qui génèrent une froide distance. Un ordinateur sur une table et des soupirs très parlants. L’économie de dialogue ne fait que renforcer notre malaise. Des séquences qui se suivent et se répètent nous suggèrent le quotidien d’un homme dont la vie n’est qu’un champ de ruines. Relations tarifées, coups d’un soir dans une ruelle sombre entre deux poubelles, films porno, masturbations à toutes heures et la honte … celle qui vous pousse à croire que votre affliction est visible par tous.
Brandon a une sœur, Sissy. Dépressive elle débarque un jour chez lui sans prévenir. Incursion inopinée qui met à mal une relation déjà compliquée. Brandon ne pourra plus cacher longtemps ses perversions et décide de tout jeter : revue et cassette porno, gadget … tentative désespérée qui, nous le savons déjà, est vouée à l’échec. Rencart au restaurant avec une collègue de travail, premier rendez-vous réussi qui en appelle un second et là tout bascule. Car, quand une relation intime se normalise, Brandon ne bande plus. S’en suit une descente aux enfers dont nous ne ressortirons pas indemnes. 



Sans jamais tomber dans le jugement, Steve McQueen nous livre un récit poignant, brut de décoffrage, loin des stéréotypes ou de la vulgarité. Un exposé froid et distant, mais pas sans émotion, d’une vie ravagée. Une quête sans fin d’actes sexués qui n’apportent pas la paix. Tel un prédateur, Brandon chasse mais n’arrive jamais à assouvir pleinement ses pulsions. Il en faut toujours plus, plus loin et la souffrance que nous lisons sur son visage pendant sa jouissance nous pousse à l’empathie derrière l’abjection. Le superbe corps de Michael Fassbender ne fait que magnifier ces instants où le spectateur se fait voyeur. 

L’interprétation de l’acteur est puissante et juste, révélant les facettes de Brandon avec parcimonie. Mouvement félin ou position de replis, regard éteint ou de chasseur aguerri, Fassbender se met à nu, au propre comme au figuré, performance unique que lui seul pouvait accomplir.



90 minutes déroutantes, visuellement magnifiques (le jogging de Brandon, en pleine nuit dans New York, filmé en travelling pendant plusieurs minutes est un grand moment !), qui font de Shame une œuvre singulière et incontournable. Des scènes chocs qui exercent sur vous une fascination dérangeante. Un film bouleversant sur deux êtres qui se ressemblent dans leur incapacité à aimer mais que rien ne peut sauver.


* bah quoi, personne n’a vu La Cité de la peur ?


Fiche Technique :

Film britannique de Steve McQueen (2011)
Genre : drame
Date de sortie : 7 décembre 2011
Durée : 1h39 mn
Avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale ...

vendredi 18 novembre 2011

The Last Station



Synopsis

Après cinquante ans de mariage, la comtesse Sofya Andreïevna, épouse aimante et dévouée de Léon Tolstoï, voit son monde s'écrouler soudain sous ses pieds. Au nom de sa nouvelle religion, le célèbre écrivain est en effet prêt à renoncer non seulement à son récent titre de noblesse, mais aussi à ses biens et à sa famille, décidé à terminer ses jours dans la pauvreté, l'austérité et la chasteté.

Sofya Andreïevna qui a dédié sa vie à cet époux extraordinaire, lui a donné treize enfants et a même copié Guerre et Paix à six reprises de ses propres mains, découvre avec horreur les agissements du fidèle disciple Chertkov qui essaie de convaincre le grand Tolstoï de modifier son testament en laissant les droits de ses romans au peuple Russe plutôt qu'à sa famille ! Aussi indignée que révoltée et blessée, la comtesse se bat férocement contre ce qui constitue à ses yeux une insupportable injustice vis-à-vis d'elle et de ses enfants. Tout empire quand la passion qu'elle met à rappeler à son époux, les années, les difficultés et surtout leur amour, sert davantage le dessein de Chertkov et conforte Tolstoï dans son désir de simplicité, d'authenticité et de paix. 

Mon avis

100 ans après la mort de Léon Tolstoï, Michael Hoffman s’intéresse à la fin de vie de l’écrivain russe en adaptant le roman biographique The Last Station de Jay Parini à l’écran.

La chose était osée et le réalisateur s’en sort avec les honneurs puisque plus qu’un film cérébral, Tolstoï, le dernier automne (The Last Station) est également un drame romantique qui met parfaitement en scène la relation tumultueuse entre Tolstoï et sa femme.
L’écrivain, continuellement tiraillé entre ses idéaux politiques et son amour pour sa compagne Sofya Andreïevna, prône l’amour et en même temps compromet le sien et le bonheur de sa famille en les déshéritant pour être en accord avec sa doctrine.

C’est justement là la force du film, puisqu’il est effectivement question d‘amour dans celui-ci. Que ce soit l’amour de sa femme dévouée qui tente par tous les moyens de sauver l’héritage familiale ou de celui de Chertkov en disciple fanatique qui influence l’écrivain pour des raisons pas toujours très claires, le sentiment amoureux est la clé de voûte du film. Est-ce pour servir la doctrine et donc le peuple russe ou a des fins plus personnelles ?
Toujours est-il que ce triangle fonctionne à merveille et donne lieu à des échanges et des affrontements passionnés, le tout servi par de très grands acteurs. Christopher Plummer est très émouvant dans son portrait de l’écrivain, pas toujours à la hauteur des évènements. Helen Mirren  est énorme dans son interprétation d’une Sofya révoltée et suscite une empathie immédiate de par sa force mais également ses imperfections.

Et puis il y a Valentin Bulgakov, jeune secrétaire particulier et admirateur de l’œuvre de Tolstoi qui découvre, au fil des évènements, à quel point le message de son maître peut-être dévoyé. Interprété par un James McAvoy toujours très juste, Valentin se retrouve dans la tourmente du conflit familial. L’histoire adopte d’ailleurs son point de vue et c’est à travers ses observations que l’on vit ce drame complexe mais intense.

En jouant sur le registre tragico-comique et malgré une réalisation parfois un peu académique, Michael Hoffman nous offre une vision fascinante et réussie de la fin de vie du célèbre écrivain, mais également un film très touchant qui n’a pas eu le succès qu’il mérite.

NB : A noter qu’il est impératif de le voir en version originale, puisque la version française est une véritable catastrophe et désert totalement le film


Fiche Technique

Film britanique de Michael Hoffman
Sortie le 8 décembre 2010
Durée : 1h52 mn
Genre : Drame, Biopic
Avec : Christopher Plummer, Helen Mirren, Paul Giamatti, James McAvoy ...

jeudi 30 décembre 2010

Remember Me


Oui, bon, je sais que ma chronique date un peu, vu qu'elle a été écrite à la sortie du film en salle, mais c'est qu'il faut bien le remplir ce petit blog ^^
De plus, j'avoue que ça a été un vrai coup de cœur ... ma chronique parle d'elle même ^^


Remember Me


Film américain


Sortie le 7 avril 2010

Avec : Robert Pattinson, Emilie de Ravin, Chris Cooper

Genre : Drame, romance
Durée : 01h53 min



Synopsis :


Tyler est un jeune New-yorkais de 22 ans en rébellion contre sa famille et la société suite à un drame familial. Après une altercation avec un policier, il décide de se venger en séduisant la fille de celui-ci. Mais Ally se révèle être une jeune fille fragile et imprévisible dont il va tomber fou amoureux. Ce qui ne devait être qu'une plaisanterie cruelle se transforme vite en une histoire qui les marquera à jamais...




Mon avis :


Il y a des films qui attirent un certain public et qu’on va voir par curiosité, parce qu’on aime bien l’acteur principal ou parce qu’on a lu deux ou trois bons retours à son sujet. C’est un peu pour toutes ces raisons que je me suis décidée à aller voir Remember Me, toute seule. Dans mon petit cinéma de quartier, les grandes salles sont réservées aux grosses productions. Place à Alice aux pays des merveilles ou Adel Blanc-sec, les autres se retrouvent relégués dans de toutes petites salles avec de tout petits écrans. Pas grave, j’ai peur de rien.

Quand je suis rentrée dans ma toute petite salle donc, j’ai été submergée par un brouhaha incessant de discussions à toutes les sauces, et oui, celle-ci était remplie de femelles de 14 à 20 ans, portables à la main et bonbons Haribo dans la bouche. J’ai tout d’un coup réalisé que je me sentais bien seule … et bien vieille. Je suis allée m’installer, le plus silencieusement possible parce qu’à peine 2 minutes de présence en ce lieu aurait pu flanquer une migraine atroce aux plus grandes gueules de la planète … et oui, les filles ça piaille beaucoup trop.

Arrivée prés d’une demi-heure à l’avance, je me suis remerciée intérieurement d’avoir pris un livre. Sauf que les mouettes m’ont quelque peu empêché de me concentrer sur ma lecture, et j’ai eu toutes les difficultés du monde à rester dans la salle, commençant sérieusement à douter de mon choix ciné du jour.

Dieu merci, quand le générique de début est enfin arrivé, les mouettes ont commencé à se taire les unes après les autres, et j’ai pu enfin goûter au silence si agréable des salles obscures … enfin presque : les bonbons Haribo étant toujours présents.

Prés de 2 heures plus tard, je suis submergée par un tourbillon d’émotions. Le plaisir déjà, de retrouver une distribution brillante. Rob Pattinson bien sûr qui nous prouve encore une fois, qu’en plus d’être un beau gosse, c’est un formidable acteur. Il nous campe un Tyler douloureusement tourmenté avec finesse, sans surenchère qui aurait pu stéréotyper le personnage. Sa compagne Emilie de Ravin joue une Ally touchante et pétillante avec un soupçon de fragilité qui lui confère tout son charme.

Mais mon plus grand coup de cœur vient des parents : Pierce Brosnan en père détaché, Chris Cooper en veuf tourmenté, Lena Olin en mère aimante … malgré leur peu de présence à l’écran, ils nous troublent par leur formidable jeu d’acteur, parce que ce film ne parle pas uniquement du mal être de deux jeunes adultes. Il parle aussi de la douleur d’être parent. De cette difficulté que nous avons à voir grandir nos enfants, à les voir souffrir, à les laisser partir. Cet amour qui nous lie aussi incompréhensible soit il est la source de tout. Aimer à en avoir mal, c’est ça être parent. Chacuns, à leurs manières, ont su exprimer toutes les facettes de se rôle souvent empli de joie, parfois ingrat, affligeant inévitablement. Parce qu’il est difficile de faire le deuil de l’enfant parfait, celui qu’on avait imaginé. Parce que sentir basculer dans le néant la chair de sa chair, sans pouvoir intervenir, est un supplice. Parce que survivre à leur disparition est un enfer.

Voilà, ce qu’en 1h53 minutes cette petite production, sans prétention, m’a fait comprendre. Chacun ira de son interprétation, celle-ci est la mienne. Et je ne regrette vraiment pas d’avoir réussi à braver la tempête de mouettes aux bonbons Haribo, parce que ce film est un pur moment d’émotion comme je n’en ai pas vu depuis longtemps.