Moi, Stéphanie (aka Elaura), administratrice du blog Bit-lit.com, rédactrice, maman, sorcière, metalhead, Janeite, chieuse à plein-temps. Aime le thé et les kilts.
S'il y a un film attendu en ce début d'année, c'est bien
Logan, épilogue magistral aux 17 années de présence cinématographique
d'un personnage que j'affectionne beaucoup.Wolverine n'est pas un super-héros classique. Il est même l'anti-héros par excellence. Violent. Bestiale. Solitaire et sauvage. Un mutant puissant, mais dont les pouvoirs ne sont pas gratuits. Quand ses griffes sortent, il souffre à chaque fois. Et il n'a jamais hésité à les utiliser tout au long de sa très longue vie.
Pourtant, il a durablement marqué des générations de lecteurs, et si le
cinéma ne lui a pas toujours rendu un hommage à sa hauteur, sa
révérence fut probablement l'adaptation comics la plus bouleversante que
j'ai vue jusqu'ici.
Tout d'abord, même si l'esthétique nous fait fortement penser à un Old Man Logan, l'histoire en est bien différente. Logique, puisqu'il aurait été difficile pour le réalisateur d'y introduire les autres personnages phares de l'arc du comics (Hawkeye, entre autres). Le scénario diffère donc, mais sert parfaitement le film et sa continuité. Nous sommes en 2025, bien après les événements d'Apocalypse et de Days of futur past, dans une Amérique qui n'a pas vu l'ombre d'une naissance mutante depuis 25 ans. En ce qui concerne l'intrigue, je n'en dirais pas plus, mais elle évolue dans un monde pré-apocalyptique où le whitepower, le repli sur soi et le pouvoir industriel et pharmaceutique est à son paroxysme.
Si la réalisation très terre-à-terre de James Mangold sert l'intrigue, elle permet surtout de mettre en exergue la relation très particulière entre les personnages. Le couple Logan et Charles Xavier est touchant à plus d'un titre. Il est douloureux de voir ces deux héros vieillir, souffrir et payer le prix de leur mutation.
Jamais leur relation n'aura paru aussi filiale, Logan s'occupant de
Charles comme de son propre père, et Charles sermonnant à longueur de
temps Logan comme son propre fils. Une affection qui transpire tout au long du film. Même Caliban, que nous avons vu à l'écran pour la première fois dans X-Men Apocalypse, nous paraît juste et émouvant.
Que dire de la petite Laura (X 23) ? Elle est incroyable et son lien avec Logan est symbolique à plus d'un titre. Elle représente la nouvelle génération de mutants à qui Wolverine passe le flambeau.
À
la frontière entre le blockbuster et le film intimiste, Logan apparaît
comme un OVNI cinématographique dans le petit monde des adaptations de
comics. Alternant les scènes violentes (R-Rated, ne l'oublions pas) et les moments intimes particulièrement touchants, Logan nous brutalise, nous émeut et nous permet de dire adieu (non sans quelques trémolos dans la voix et un peu de buée dans les yeux, de la buée, j'ai dit...) à deux des personnages les plus emblématiques de l'univers des X-Men, après 17 ans de bons et loyaux services...
Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un célèbre criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M. Bond persuade Moneypenny et Q de l’aider secrètement à localiser Madeleine Swann, la fille de son vieil ennemi, Mr White, qui pourrait détenir le moyen de détruire Spectre. Fille de tueur, Madeleine comprend Bond mieux que personne… En s’approchant du cœur de Spectre, Bond va découvrir qu’il existe peut-être un terrible lien entre lui et le mystérieux ennemi qu’il traque…
Après l'incroyable Skyfall (certainement le meilleur Bond de la franchise), Sam Mendes se devait de revenir derrière la caméra pour ce 24ème opus, qui conclu un cycle inégal mais qui nous aura offert un bon nombre de moments forts. Il était très attendu donc, ce Spectre dont la com fut impeccable jusqu'à sa sortie. Pourtant, il y eut un bon nombre de déçus, difficile de tenir la dragée haute après Skyfall. Dois-je me compter parmi eux ? Pas totalement.
Pour sûr, Spectre est un excellent James Bond pendant la première heure, et puis après, pouf, ça s'essouffle. Tout était pourtant très bien parti, James qui enquête sur une mission très personnelle et qui finit par mettre en lumière des liens forts entre les derniers films de la franchise, soit depuis Casino Royal ; une scène d'ouverture spectaculaire (comme d'habitude) à Mexico pendant la fête des morts et superbement mise en scène ; l'implication plus importante de M, Moneypenny et Q dans l'intrigue ; Daniel Craig qui exécute toujours avec sobriété et force les gestes de notre espion préféré ; L'apparition, bien trop courte, de Monica Belluci en James Bond Lady (ne lui faisons pas offense en l'appelant James Bond Girl).
Et puis après, c'est le drame. Léa Seydoux fait son entrée et, malgré toute sa bonne volonté, nous perd en route.
Le fait que je ne l'apprécie pas en tant qu'actrice y est peut-être pour quelque chose. Cependant, à ce moment précis, l'intrigue devient plus fade, plus téléguidée pour nous emmener vers un méchant qui n'a pas la carrure d'un Chiffre ou d'un Silva. Déception donc, même si le film nous offre son lot d'action et d'explosions, mais également de moments forts.
Au final, le meilleur à retenir reste la collaboration assez jouissive de l'équipe restreinte du MI6, un peu comme un Scooby gang et c'est la bonne surprise de cet opus.
Tout de même, je ne boude pas les plans d'une beauté stupéfiante, les clins d’œil fun et les « Bonderies » de l'adorable Daniel Craig. Spectre reste, malgré tout, un bon film d'espionnage.
Fiche Technique
007 Spectre
Film Américain et britannique de Sam Mendes (2015)
Genre : action, espionnage
Durée : 2h30 mn
Avec : Daniel Craig, Christoph Waltz, Léa Seydoux...
Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…
Mon avis :
Voilà un film que personne n'attendait. Celui qui clôt la phase 2 du MCU avait l'allure, comme ça de loin, d'un outsider qui ne ferait pas le poids entre les deux grosses productions Avengers age of Ultron et Civil War.
De plus, le départ de son scénariste et réalisateur Edgar Wright avait fait pas mal de bruit, rendant la tâche de Paul Rudd et Peyton Reed extrêmement difficile. Et pourtant, du haut de ses 8mm, Ant-Man assure, surprend et réjouit le public par sa fraîcheur, son ton décalé et son apparente simplicité.
Il en fallait des cojones déjà, pour oser adapter à l'écran l'Homme-fourmi, un super-héros très peu connu du grand public, et lui donner une once de crédibilité. Et c'est là le point fort du film : on y croit ! Grâce à Paul Rudd déjà qui rend le personnage extrêmement attachant. Scott Lang n'est pas un super-héros classique, il n'a aucun pouvoir particulier et brille surtout par sa grande capacité à voler les autres. Nous sommes donc loin d'un Captain America voir même d'un Iron Man, mais c'est pourtant avec un naturel incroyable qu'il endosse le costume et fait son job.
Le scénario de Wright tient la route et, quoi qu'en disent certains, sa vision est bien présente dans le film, il y a donc du « Cornetto » dans ce Ant-Man et Peyton Reed a très bien su réutiliser ce matériau de base pour livrer un bon film, malgré le contexte peu favorable. Chapeau bas !
Pour conclure, des scènes de comédie pure aux effets spéciaux très impressionnants, en passant par le talent des acteurs et le scénario, tout est bon, agréable, sympathique et j'irais même jusqu'à dire jouissif. Les deux scènes post-génériques sont également un festival (surtout la seconde). Un très bon divertissement, à mi chemin entre « Chérie, j'ai rétréci les gosses » et « Ocean Eleven », en résumé, un film de braquage à la sauce Marvel, et franchement, j'adore ça.
Fiche Technique
Ant-Man
Film américain de Peyton Reed (2015)
Avec : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll
Second crossover qui clôt la phase 2 du MCU, Avengers : l'ère d'Ultron est un énorme blockbuster à la hauteur de nos attentes et qui légitimise Joss Whedon comme un grand réalisateur.
Car, que l'on aime ou pas les films de super-héros, force est de reconnaître qu'il a parfaitement maîtrisé son sujet, mieux que pour le premier opus, qui fut la grosse surprise de l'année 2012.
Il est évident qu'après le carton gigantesque du premier Avengers, Joss Whedon était attendu au tournant. La pression fut énorme, à tel point que l'on pouvait se demander si le maître d’œuvre allait s'en sortir. L'effet de surprise passé, il fallait du génie, de la maîtrise et du talent pour faire de ce second volet un élément majeur du MCU et, quoi qu'en disent certains, le pari est réussi.
Le premier film avait beaucoup divisé les médias et ce second ne fait pas exception. Cependant, le public est au rendez-vous et mis à part les jamais-contents, la satisfaction et le kiff intégral sont présents.
Tout d'abord, il est bon de noter qu'Avengers : l'ère d'Ultron n'est pas qu'un film d'action et de baston puisque que Whedon a réussi le tour de force d'équilibrer action, émotion et intimité sans que cela soit soporifique ou pénible pour le spectateur. Si le film s'ouvre sur une gigantesque séquence à la James Bond (et assez époustouflante, avouons-le), la pression retombe pour laisser place à la réflexion et même à l'introspection à l'instar d'Ultron, super-vilain torturé dont la folie s'installe progressivement.
Pour le coup, des questionnements importants divisent les Avengers à tel point que l'on sent poindre les prémices d'un Civil War tant les valeurs idéologiques de Steven Rogers et Tony Stark sont opposées. Mais, comme nous n'en sommes pas encore là, les Avengers doivent rester unis pour combattre cet ennemi qui les déstabilise beaucoup.
En parlant de malaise et d'éléments perturbateurs, venons-en aux petits nouveaux : les jumeaux Maximoff.
Tous ceux qui lisent des comics savent l'importance cruciale de ces deux nouveaux héros dans l'univers Marvel. Ils connaissent également leur véritable origine. Mais, droit oblige (les mutants appartiennent à la Fox), il fallait les introduire dans l'histoire de manière logique en tenant compte de l'existant faisant de Pietro et Wanda des « Optimisés ». Idem pour Ultron et La Vision dont l'origine est revue et corrigée en plaçant Stark au centre de leur création. Le tout est cohérent et fonctionne assez bien, si on laisse de côtés nos regrets face aux guéguerres des studios (tôt ou tard, les Mutants devront rentrer à la maison hein !, ça suffit les conneries !)
Autre point fort du film : Whedon recentre sa caméra sur des personnages peu exploités dans les précédents opus comme Hawkeye, Hulk ou Black Widow, nous offrant de jolis moments intimistes et assez touchants que nous n'avions pas vu venir et c'est assez rafraîchissant.
Quant à l'humour si typique des films Marvel Studios, il est ici toujours présent, mais utilisé avec parcimonie, rendant le film plus sombre, plus sérieux, laissant planer le doute sur l'avenir de l'humanité.
Pour conclure, Joss Whedon nous balance encore une fois une grosse claque dans la face, parfaitement maîtrisée, aux scènes d'action époustouflantes. Et même si j'ai quelques interrogations face à certains choix scénaristiques, je ne peux que m'incliner devant le travail colossal du réalisateur. D'ailleurs, celui-ci nous promet une version longue et pas mal de scènes supplémentaires en blu-ray, vivement !!
Fiche technique :
Avengers : l'ère d'Ultron
Film américain de Joss Whedon (2015)
Avec : Robert Downey Jr, Chris Evans, Mark Ruffalo...
Thor : Le Monde des ténèbres nous entraîne dans les nouvelles aventures de Thor, le puissant Avenger, qui lutte pour sauver la Terre et les neuf mondes d’un mystérieux ennemi qui convoite l’univers tout entier… Après les films Marvel Thor et Avengers, Thor se bat pour restaurer l’ordre dans le cosmos, mais une ancienne race, sous la conduite du terrible Malekith, un être assoiffé de vengeance, revient pour répandre les ténèbres. Confronté à un ennemi que même Odin et Asgard ne peuvent contrer, Thor doit s’engager dans son aventure la plus dangereuse et la plus personnelle, au cours de laquelle il va devoir s’allier au traître Loki pour sauver non seulement son peuple et ceux qui lui sont chers, mais aussi l’univers lui-même.
Mon avis :
S'il y avait un film attendu comme le messie en cette fin d'année 2013, c'était bien ce deuxième volet de Thor. Le premier fut beaucoup critiqué par les fans du dieu nordique, pourtant le succès d'Avengers, et surtout de son méchant, a rendu l'attente plus que palpable. Et pour cause, Thor The Dark World est la suite directe d'Avengers.
Nous avions suivi pas à pas la réalisation de cet opus grâce aux informations subtilement disséminées par Marvel Studio, et même celles que le studio aurait préféré taire. Les divers teasers annonçaient du très lourd et même Loki a fait une vertigineuse apparition au Comic Con de San Diego.
Avec Alan Taylor aux commandes, le papa de Game of Thrones, on pouvait s'attendre à un traitement plus heroïc fantasy de l'univers de Thor (et donc plus fidèle aux comics de ces dernières années) à voir le charisme de la fratrie asgardienne bien mis en avant.
Au final, le film dépasse largement mes attentes.
Bluffée, serait le premier terme qui me viendrait à l'esprit, notamment par le traitement d'Asgard qui ressemble enfin à la cité des Ases telle que l'on est en droit de la rêver. Nous sommes proches des décors du Seigneur des Anneaux, où la magie côtoie la technologie. De superbes paysages et des Asgardiens fidèles aux traditions nordiques : guerriers, buveurs de bière et heureux.
Bluffée également par les scènes de batailles avec les elfes noirs où nous tutoyons de très près Star Wars, Asgard prenant un air de space opéra gigantesque avec des vaisseaux, des tirs dans tous les sens, tout en gardant la classe qui la caractérise. Disons le tout net, que le fan de base me jette la première pierre, le tout est carrément grisant !
Le spectacle est largement assuré et le rythme endiablé. Rien n'est laissé au hasard, visuellement, le film est une totale réussite. Même le magnifique Yggdrasil nous offre sa majestueuse présence, c'est dire à quel point Alan Taylor a porté une attention particulière à l’esthétique.
En ce qui concerne le scénario, il est plutôt basique, les elfes noirs, réveillés après des millénaires de silence souhaitent se venger d'Asgard et plonger les 9 mondes dans les ténèbres. À première vue cela paraît très simple mais pas tant que ça au final. Les elfes noirs sont les propriétaires d'une force appelé l'Ether, qui se trouve être l'un des gemmes de l'Infini (oui, mais lequel ?), je n'en dirais donc pas plus...
Bien évidemment, de tous les personnages et de toutes les interactions possibles, c'est surtout la relation Thor/Loki qui était la plus attendue. Et je ne suis pas déçue. Loki est fidèle à lui-même, charmeur, nihiliste et manipulateur, mais les quelques failles qu'il laisse apparaître ne le rendent que plus attachant. C'est un cœur brisé, continuellement partagé entre sa soif de pouvoir, sa nature et l'amour qu'il ressent malgré lui. Tom Hiddleston porte le personnage avec passion, il le dit lui-même, il aime Loki pour ses multiples facettes et l'étrange attraction qu'il exerce auprès du public.
Sa relation avec Thor évolue, devenant presque plus intime encore, tous deux ayant la même soif de vengeance et partageant la même douleur. D'ailleurs, cela donnera des scènes particulièrement émouvantes, prouvant que le film n'est pas uniquement un blockbuster pop-corn où l'humour est constamment présent, mais également une histoire familiale tragique.
L'humour parlons-en. S'il y a un univers que ne prête pas à rire, c'est bien celui de Thor. Le dieu du tonnerre est un héros aussi torturé que les autres et sa relation avec son frère vécue comme une perte, une blessure qui saignera continuellement. Son cœur est aussi brisé que celui de Loki.
Dès lors, l'humour à la sauce Marvel pouvait, en toute légitimité, faire peur. Fort heureusement, l'humour est utilisé ici avec intelligence, loin d'être potache, et permet de nombreux clins d’œil plutôt kiffants, les caméos de Captain America et de Stan Lee en tête. On rigole avec un plaisir complice, les spectateurs se regardant comme s'ils avaient à nouveau 10 ans, notant les références en pouffant comme des gamins. Remarque personnelle : à chacune de mes séances, ce sont surtout les trentenaires et plus qui pouffaient le plus, preuve que la passion n'a pas d'âge.
Pour conclure (car je ne vais pas écrire trois pages non plus, tu risquerais fort de t'ennuyer lecteur !), et malgré les nombreuses critiques lues sur le film, je n'ai qu'une chose à dire : c'était putain de bien !
Personnellement, je me moque que le film soit proche du comics ou pas, ou que les fans hardcore soient totalement insatisfaits (mais en même temps, le seront-ils un jour ? J'ai l'impression de toujours lire les même remarques négatives), j'ai passé un très bon moment de cinéma, un spectacle à la dimension guerrière épique, mais également magnifique et émouvant, on en redemanderait presque 1h52mn de plus.
Fiche Technique
Thor : The Dark World Film américain d'Alan Taylor
Avec : Chris Hemsworth, Natalie Portman, Tom Hiddleston...
Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?
Mon avis :
Il était attendu ce troisième volet d'Iron man, surtout depuis le succès fulgurant d'Avengers et le charisme pétillant de Robert Downey Junior draine tout de même une bonne poignée de fans.
Shane Black succède à Jon Favreau et c'est avec une vraie sensation de contentement que nous nous rendons compte que le relais est passé admirablement.
Tout en respectant le style de la franchise, le réalisateur met en scène un héros fatigué, perturbé depuis l'attaque de Manhattan par l'armée de Loki. Il faut dire qu'il y a laissé quelques plumes et la sensation que la menace le dépasse totalement se fait durement sentir.
Les failles d'un Tony Stark habituellement très sur de lui font sourire, attendrissent même et le rendent particulièrement humain. C'est aussi souvent l'occasion de bons gags inattendus et pour le coup, le film apparaît vraiment fun sans tomber dans l’excès. Le scénario particulièrement intelligent, est parfaitement servi par des effets spéciaux impressionnants. Les scènes de combats énormissimes succèdent à des séquences plus intimistes, le tout rend le film merveilleusement décalé, ça en jette, ça en met plein la vue et surtout c'est génialement superficiel. Du bon gros Iron Man comme on l'aime.
Comme vous pouvez vous en douter, Robert Downey Junior excelle une nouvelle fois et apparaît même en meilleur forme que dans les précédents opus, allez, je pense que nous pouvons le dire, ce dernier volet est sûrement le meilleur de la franchise à ce jour.
Fiche Technique
Iron Man 3 Film américain de Shane Black Avec : Robert Downey Jr, Gwyneth Paltrow, Don Cheadle... Durée : 2h11mn Genre : Action, SF Sortie française : le 24 avril 2013
Un petit garçon découvre qu'il possède des pouvoirs surnaturels et qu'il n'est pas né sur Terre. Plus tard, il s'engage dans un périple afin de comprendre d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s'il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l'espoir pour toute l'humanité.
Mon avis :
Man of Steel était certainement le film le plus attendu de l’année 2013. Après le carton des films Marvel (Iron Man 3, Avengers) et le très bon épilogue de son collègue de chez DC Comics (The Dark Knight Rises), Superman avait de quoi frissonner à l’idée de ne pas être à la hauteur.
Zack Snyder, fort d’un Watchmen déroutant et d’un 300 à la plastique parfaite, avait fort à faire pour redorer le blason de notre alien adoré, Superman a 75 ans et sa côte auprès du public commençait sérieusement à baisser.
Que ceux qui pensaient que notre homme d’acier était un super-héros trop propre et trop vieillot pour rallier les foules, aillent se payer une sérieuse session de flagellation tant leurs pensées de mécréants sont fausses, hommes de peu de foi !
La puissance de Superman n’a jamais été aussi bien mise en scène que dans Man of Steel ! Et je ne parle pas uniquement de sa force surhumaine, mais également et surtout de sa conviction que l’humanité peut-être bien plus grande qu’elle n’y paraît. Superman a toujours été un symbole de courage, de détermination et d’espoir car c’est pour cela qu’il a été sauvé.
Le réalisateur joue d’ailleurs avec habileté sur l’image quasi messianique de ce jeune homme aux pouvoirs extraordinaires mais qui est obligé de vivre en marge, de fuir et de se cacher, jusqu’à ce qu’il comprenne la raison de sa venue sur Terre.
En utilisant une narration découpée, non chronologique, Zack Snyder permet de mettre en exergue toute la beauté de cette histoire. Les divers flashbacks nous font découvrir les failles du jeune Clark Kent, déchiré entre son habileté naturelle à aider son prochain et le besoin évident de ne rien montrer de ses capacités.
Les scènes intimistes se succèdent aux incroyables scènes d’action et de combat, car avouons-le, Man of Steel est visuellement époustouflant.Rien ni personne n’est épargné par la violence du Général Zod, magnifique super-vilain s’il en est, pour qui nous avons une empathie certaine puisque chacune de ses actions est mue par son envie de sauver sa planète.
Même si c’est un très grand film, Man of Steel n’est pourtant pas sans défauts (très peu de défauts hein !). Nous aurions aimé quelques scènes plus intimes supplémentaires, les effets spéciaux peuvent paraître quelque fois un peu brouillon, mais ne boudons pas notre plaisir, Man of Steel est une très grande réussite, porté par un Henry Cavill parfait et très charismatique en Superman.
Parmi les Super-héros, Superman a toujours bénéficié d’un statut particulier. Il est le tout premier, celui qui a porté l’espoir de plusieurs générations de lecteurs, il méritait un film à la hauteur de ce qu’il représente pour nous, Zack Snyder l’a fait...
Fiche technique
Man of Steel
Film américain de Zack Snyder
Avec : Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon...
Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…
Mon avis :
On peut aisément dire que pour le 50ème anniversaire de la saga James
Bond, Sam Mendes nous a offert le bon gros cadeau que nous attendions
tous. Après un Casino Royale étonnant et un Quantum of Solace en demi-teinte, Skyfall se présente comme le meilleur opus de la franchise. Et
pas uniquement parce que nous retrouvons tous les bons ingrédients des
23 films précédents (les références y sont légions, distillées avec
humour et intelligence) mais aussi parce que le ton résolument novateur
en fait un grand film d'action où l'émotion et la recherche
psychologique sont loin d'en être absentes.
En effet, sous couvert d'un âge quelque peu avancé et d'un amour
immodéré pour la bouteille, James Bond vieillit. Intégrer au scénario le
fait que Daniel Craig prend quelques années entre deux
films est très subtil et lui donne une profondeur peu habituelle. Notre
espion doute et en prend plein la gueule, à tel point que nous
finissons par nous demander s'il sera vraiment à la hauteur de la tâche
que lui confie M. La dame est sur la sellette et son passé revient la
hanter, aussi cruellement qu'elle a tenté de l'oublier; sa fonction
l'obligeant à faire des choix que peu comprennent. D'ailleurs M est la
véritable James Bond Girl du film. Judi Dench est touchante de sincérité, crevant l'écran par sa détermination et sa beauté.
Autre bonne surprise, le méchant. Un bon gros méchant, et pas pour de
faux, sans artifices, un peu psychopathe sur les bords, obsédé par son
besoin de vengeance, campé par un Javier Bardem
hallucinant. D'ailleurs le trio Bond, M et Silva donne une véritable
intensité dramatique, freudienne à souhait où M prend un visage
maternel.
Un film d'action stupéfiant mais également réellement beau, riche en
surprises et qui maîtrise tout ce qu'il entreprend. James Bond retrouve
enfin sa place de grand maître Jedi du genre et la gardera très très
longtemps.
Fiche Technique
Skyfall Film américain et britannique de Sam Mendes (2012) Avec : Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem Genre : Action, espionnage Sortie : 26 octobre 2012 Durée : 2h23 min.
Vous serez peut-être étonnés de
savoir que j'aime les films d'action. Certes, le décor ambiant ici
présent est loin de le laisser penser, ce n'est pas que les
histoires de Jane Austen manquent d'action mais disons le carrément,
les Navy Seals en sont absents.
Pourtant, je suis certaine que nos bons
marines ou soldats n'ont rien contre un fabuleux Tea Time à coup de
scones et de mini-sandwichs aux concombres. Le seul souci étant que
dans la jungle, le risque de briser le magnifique service à thé
style Régence emprunté pour l'occasion est à son apogée.
Je disais donc, j'aime les films
d'action en général et plus précisément les films de guerre. Je
ne suis pas spécialement une pro armée, et sincèrement, je ne
fantasme pas sur l'uniforme non plus, mais toujours est-il que j'aime
quand même les films de guerre. Et là je peux déjà voir ton
scepticisme lecteur, dans tes yeux ébahis (je fais souvent cet effet
là), je peux lire la question existentielle qui te taraude :
mais que diable ! Comment trouver des points communs entre Darcy
et Rambo ?
Je te rassure tout de suite, il n'y en
a aucun. La comparaison est juste là pour racoler, puisqu'il faut le
dire tout haut, le Darcy est à la mode (pas que cela me déplaise,
j'aime le Darcy).
Alors pourquoi un tel engouement pour
un genre porté par la gent masculine ? Hé bien lecteur, si tu
es perspicace et que tu as eu assez de curiosité pour fouiller mon
petit blogounet, tu auras remarqué qu'une grande place est donné à
l'urban fantasy. Celle-ci met généralement en scène des héroïnes
fortement burnées et armées qui doivent régulièrement sauver le
monde. De là à faire un lien entre films d'action et urban fantasy,
il n'y a qu'un pas. Les seules différences étant le sexe du héros
principal, l'armement (Mercy n'a pas de lance-missiles, mais je reste
persuadée qu'elle s'amuserait beaucoup avec), et le statut des
méchants, loin d'être surnaturels dans Rambo III (quoi que…).
Côté relationnel, certes, c'est là
que le bas blesse. Pas de sexe dans les films de guerre, pas de
romance non plus, mais l'émotion n'en est pas absente pour autant.
Fraternité, loyauté mais aussi cruauté sont des éléments d'une
forte intensité émotionnelle qui supplantent un temps mon besoin de
happy end et de bisous et les sensations laissées par certains films
n'en sont que plus saisissantes, car souvent plus primitives. Non je
ne jubile pas à la vue d'un homme se faisant sauter la tête, mais
ça ne me laisse pas indifférente non plus.
L’attrait pour les films de ce genre
est souvent multiple, outre le fait de voir des soldats en tenue
militaire, dégoulinant de sueur et gaulés comme des dieux, l'aspect
historique et politique que certains défendent ou condamnent est
tout à fait intéressant (et là d'un coup, c'est moins rigolo).
Les conflits armées jalonnent notre
histoire et ont façonné à bien des égards notre géographie.
Devoir de mémoire ou d'information, le film de guerre retrace
souvent des périodes agitées qui ont marqué durablement tout un
peuple, un pays, une nation. Il dénonce l'absurdité de certaines
crises ou montre du doigt des pratiques et des dérives condamnables
mais il rend aussi hommage à des hommes et des femmes qui se sont
engagés pour défendre leur pays. Et là tu te dis lecteur que ma
fibre patriotique est en train de faire surface, le regard embué et
les lèvres tremblantes. Il n'en est rien. Car être patriote n'est
pas très à la mode de nos jours et se moquer de l'armée et des
soldats est monnaie courante. C'est bien connu, la défense du
territoire, c'est pour les beaufs.
N'empêche, j'ai beaucoup de respect
pour ces hommes et ces femmes qui se sont battus en temps de guerre
(on a tous un papy ou un oncle qui a connu ou vécu la guerre de
39/45), j'ai aussi une pensée émue pour les quatre soldats qui sont
morts en début de semaine en Afghanistan. Il faut bien reconnaître
que s'engager demande du courage, allez, je te l'avoue, je suis
sensible à la notion de sacrifice (j'ai du être chevalier dans une
autre vie… ou sanglier). Voilà c'est dit, ça reste entre nous et
on en reparlera plus, quelque part tout au fond de mon petit cœur,
après autopsie et en fouillant bien… il y a une étincelle qui
s'illumine de temps en temps et qui me met la larme à l’œil quand
le The End arrive sur l'écran (le premier qui m'en parle je lui
farcis l’œil à coup d'oignons). Parce que des films de guerre, ça
peut aussi faire pleurer (sisi je t'assure).
En plus des films sérieux, déprimants
et mélodramatiques, il y aussi ceux qui sont bourrés de
testostérone et qui vous font bien marrer, nanars ou pas, avouons
qu'un bon Rambo est jubilatoire.
Bon, il est peut-être temps de passer
aux choses sérieuses ? C'est bien beau de parler de mon goût
immodéré pour la chose, mais cela ne sert à rien si je ne te la
montre pas n'est-ce-pas ? (Et là je vois ton imagination
déborder espèce de pervers.) La chose étant multiple, il était
important, pour illustrer mon argumentation, de faire des choix
drastiques. J'ai opté pour le film américain.
L'américain est
fichtrement doué pour les films d'action en général, et les films
de guerre en particulier. L'américain n'a pas peur de laisser parler
sa fibre patriotique ou de maraver son ennemi de manière bien
sanglante. L'américain est doué pour utiliser un scénario qu'aucun
français n'aurait eu même l'idée (ou le toupet) de pondre et d'en
faire un putain de grand film. Et puis visuellement parlant,
l'américain est vachement plus balaise (cet avis n'engage que moi,
bien entendu).
Parmi les films sur le sujet, il y a
plusieurs catégories : les pro américains, dégoulinants de
patriotisme et faisant pleurer dans les chaumières, ceux qui
dénoncent les failles du système et qui critiquent ouvertement (ou
pas) les actions passées ou leurs conséquences et puis les films
qui ne dénoncent rien, qui ne font pas pleurer non plus, mais qui
ont juste envie d'exploser des tripes à coup de lance-roquettes.
Comme tu peux t'en douter lecteur, les
titres sont pléthores et il m'est impossible de tous les citer ici.
Aussi, je ne vais te parler que de quelques films qui m'ont marquée
soit par leur intensité, soit par leur connerie. Toujours est-il,
qu'ils ne m'ont pas laissé indifférente.
Il
faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg - 1998)
Synopsis :
Alors que les forces alliées débarquent à Omaha
Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes
ennemies pour une mission particulièrement dangereuse : trouver et
ramener sain et sauf le simple soldat James Ryan, dont les trois
frères sont morts au combat en l'espace de trois jours. Pendant que
l'escouade progresse en territoire ennemi, les hommes de Miller se
posent des questions. Faut-il risquer la vie de huit hommes pour en
sauver un seul ?
Je
parlais plus haut de scénario improbable et de putain de grand film.
En voici l'exacte illustration. Réalisé par Steven Spielberg en
1998, ce film au casting des plus alléchants est basé sur un
scénario aussi peu réaliste qu'un Die Hard (c'est dire !).
Ramener sain et sauf à sa mère un soldat (le soldat Ryan donc),
dont les trois frères aînés sont morts au combat. Il fallait oser,
Spielberg l'a fait. Combiné à un patriotisme exacerbé, il y a
quand même de quoi sourire… mais pas pour longtemps. Car le point
fort de ce film n'est pas son scénario, mais bien sa réalisation
parfaitement maîtrisée. Spielberg a importé le réalisme plutôt
coutumier des films sur le Vietnam aux films traitant de la Seconde Guerre mondiale généralement plus frileux. Extrême, violent
(l'apocalypse du début vous colle une claque et vous met KO pendant
longtemps), en même temps très touchant par son humanisme, ce film
restera un monument de cinéma, au moins pour sa fracassante première
demi-heure (à la fin j'avoue, j'ai pleuré et j'ai même pas honte).
La
ligne rouge (Terrence Malick - 1999)
Synopsis :
La bataille de Guadalcanal fut une étape clé de la
guerre du Pacifique. Marquée par des affrontements d'une violence
sans précédent, elle opposa durant de longs mois Japonais et
Américains au coeur d'un site paradisiaque, habité par de paisibles
tribus mélanésiennes. Des voix s’entrecroisent pour tenter de
dire l'horreur de la guerre, les confidences, les plaintes et les
prières se mêlent.
Quasiment la même année,
Terrence Malick sort son The Thin Red Line. Encore un casting à la
hauteur pour un film qui l'est tout autant. Cette fois-ci, la même
période est mise en scène mais côté Pacifique. La particularité
du réalisateur est de mêler des affrontements à de longues scènes
contemplatives à la plastique parfaite mais qui peuvent devenir
soporifiques à la longue. Les questionnements incessants des héros
et la profonde méditation et réflexion que le film porte est tout à
l'honneur du cinéaste, mais malheureusement, cela ne m'a pas touchée.
Toujours est-il que cet opus reste un grand film sur la peur,
l'incompréhension et le doute, d'une beauté magistrale et émouvante
(à la fin, j'étais contente, car j'allais enfin pouvoir dormir).
Mémoire
de nos pères (Clint Eastwood - 2006)
Synopsis :Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et
un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet
du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes
unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques
jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable,
et lui donne des motifs d'espérer. Pour mettre à profit cet
engouement, les trois "porte-drapeaux" sont livrés à l'admiration des
foules. Leur nouvelle mission : servir leur pays en vendant les précieux
Bons qui financent l'effort de guerre. Le laconique John "Doc"
Bradley, le timide Amérindien Ira Hayes et le fringant Rene Gagnon se
prêtent au jeu avec un dévouement exemplaire. Ils sillonnent sans
relâche le pays, serrent des milliers de mains et prononcent des
allocutions. Mais, en leur for intérieur, une autre bataille se livre...
Nous restons dans le Pacifique avec un film d'une
richesse narrative exceptionnelle (et ce n'est pas parce que je suis
une grande fan du Clint hein !). Le réalisateur aborde de manière
intime l'exploitation des valeurs américaines et ses dérives. La
souffrance de ces soldats surexposés dont le but mercantile est très
loin de leur propre préoccupation est touchante. Avec sa mise en
scène particulière, hésitante, mais toujours juste, Eastwood nous
livre un témoignage d'une grande portée émotionnelle (à la fin,
j'étais émue, parce que quand même ça le fait).
Nous quittons la Seconde Guerre mondiale pour nous propulser quelques années plus
tard (1964 /1975) pour la guerre qui a le plus traumatisé les
américains. Les films sur le Vietnam sont légions et cultes pour
beaucoup, aussi, je ne vais en retenir que deux, sinon, mon article
va être aussi long que la Bible.
Platoon (Oliver Stone - 1986)
Synopsis :
Septembre 1967: Chris Taylor, dix-neuf ans, rejoint la
compagnie Bravo du 25ème régiment d'infanterie, près de la
frontière cambodgienne. Chris, issu d'une famille bourgeoise s'est
engagé volontairement et, plein d'idéal entend bien servir son
pays. Mais la réalité est tout autre et ses illusions vont tomber
les unes après les autres. Il sera également temoin de la rivalité
sanglante qui oppose deux officiers qu'il admire. "J'ai eu
l'idée de "Platoon" en décembre 1969 à mon retour du
front. Mais personne ne voulut produire ce script "trop dur,
trop noir et deprimant".
Voici l'époque où
Oliver Stone était à l'apogée de son art. En signant ce chef
d’œuvre (vivi, je te le dis lecteur, c'est un chef d’œuvre) le
cinéaste nous jette en pleine face la cruauté d'une guerre inutile
et la dérive de ces soldats qui se battent souvent contre leurs
propres démons. Un film sombre, noir et violent aux scènes chocs
et dérangeantes mettant en exergue la folie des hommes et la toute
puissance du fameux bon prétexte du contexte de guerre. Servi par
des comédiens fortement inspirés et par une musique magistrale,
Platoon restera la grosse claque de ces 30 dernières années.
Et je
termine par cette réplique culte : « les
prétextes, c'est comme les trous du cul, tout le monde en a un »
ça se passe de commentaires (à la fin, j'étais scotchée, sans
voix, car le réalisateur m'a maravé la gueule).
Voyage
au bout de l'enfer (Michel Cimino - 1979)
Synopsis :
Cinq ouvriers sidérurgistes affrontent les hauts
fourneaux d'une petite ville de Pennsylvannie et partent ensemble
chasser le cerf. Parce que c'est la guerre au Vietnam, trois d'entre
eux deviennent soldats sur le départ. Deux ans plus tard, la guerre
sévit toujours et ces derniers se retrouvent prisonniers dans un
camp vietcong...
Si tu ne dois voir
qu'un seul film sur la guerre du Vietnam lecteur, choisi cet OVNI
cinématographique grâce auquel Michael Cimino a remporté l'Oscar
du meilleur réalisateur. Pourquoi ? Et bien parce que c'est
certainement le meilleur film fait à ce jour sur la psychologie des
combattants. L'interprétation incroyable des trois acteurs
principaux en fait une œuvre majeure, puissante et incomprise. Note
spéciale pour le magnifique Christopher Walken (Oscar du meilleur
acteur dans un second rôle) et la scène de la roulette russe. Un
très grand moment de cinéma (à la fin, j'étais traumatisée).
Nous quittons le
Vietnam pour un conflit plus récent. La guerre en Irak a débuté le
20 mars 2003 avec l'invasion de l'Irak par les États-Unis (et sa
coalition) contre le parti de Sadam Hussein et s'est terminée le 18
décembre 2011 avec les retraits des troupes américaines. Une guerre
compliquée, atypique, coûteuse, impliquant principalement des
groupes d'insurgés et des membres d'Al-Quaida qui en ont fait un
conflit basé sur les attentats terroristes. Guerre préventive avant
toute chose, celle-ci a inspiré bon nombre de cinéastes plus ou
moins positivement. Mais je ne citerai ici qu'un seul film qui est
l'exact reflet pour moi de la teneur de ce conflit.
Démineurs
(Kathryn Bigelow – 2009)
Synopsis :
Bagdad. Le lieutenant James est à la tête de la
meilleure unité de déminage de l'US Army. Leur mission : désamorcer
des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au
péril de leur vie, alors que la situation locale est encore...
explosive.
Réalisé par une
femme (vivi, je t'assure lecteur, celle qui a réalisé Point
Break avec des surfeurs beaux comme des dieux, rien que pour ça,
je l'aime), Démineurs a reçu 6 Oscars en 2010, dont celui de
meilleur film et de la meilleure réalisatrice. Autant dire que la
Dame a fait très fort sur ce coup là, puisqu'elle filme, façon
documentaire, le point de vue de trois soldats dans leur quotidien
répétitif, parsemé de temps forts où l’adrénaline est à son
paroxysme. Une tension extrême, où l'attente insupportable de la
mort ou de l'explosion devient l'atout du film. En effet, ces hommes
accros à cette activité extrême qu'est le déminage sont à des
années lumières de la figure héroïque du soldat. Nous sommes loin
de la notion de guerre juste, nous sommes face à des hommes ravagés
qui ne survivent que grâce à leur dose de risque. Un film dur, brut
de décoffrage et dérangeant (à la fin, j'ai saigné des oreilles
et j'ai enfin pu respirer).
Il y a bien sûr
des tas d'autres films et mes choix ne sont peut-être pas les tiens
lecteurs, mais je t'ai livré ici juste quelques exemples de ce qui
m'a touchée, marquée ou profondément dérangée.
Je vais clore cet
article avec un dernier film, qui ne parle pas d'un conflit en
particulier, mais plutôt des soldats et de leur activité. Ce film
est sorti aux Etats-Unis en février 2012 et n'est pas encore prévu
à l'affiche en France. Act of Valor relate les exploits d'un
groupe de Navy Seals. Bien que les situations et les personnages
soient fictifs, les techniques d'intervention elles, sont bien
réelles.
Act
of Valor (Mike McCoy et Scott Waugh – 2012)
Synopsis :
Une escouade d'élite des Navy SEAL organise une
opération secrète pour libérer un agent de la CIA kidnappé par
des terroristes...
Voilà l'exemple
même du film pro armée américaine car il n'existe que pour rendre
hommage aux forces spéciales US. Particulièrement bien documenté,
il n'en reste pas moins intéressant malgré le scénario un brin
simpliste. L’intérêt principal du film réside dans ses séquences
très réalistes et nerveuses et j'avoue, je me suis laissée entraîner très facilement.
Une réalisation bluffante avec des
acteurs inconnus, bref, un bon moment même si la fin prévisible
peut faire grincer des dents. Mais qu'importe, quand on regarde ce
genre de film, on sait à quoi s'attendre et surtout, il ne faut pas
craindre les hommages larmoyants aux soldats (hommes et femmes) qui
sont morts pour leur patrie, car après tout, c'est quand même un
peu la vérité (à la fin, j'avais envie d'une partie deCall of
Duty).
Je ne suis en rien
une spécialiste du cinéma de genre, je n'ai pas non plus envie de
rentrer dans les débats politico-chiantissimes sur la place des
forces armées dans le monde, j'avais juste envie de partager avec
toi lecteur, mon sentiment sur le sujet en espérant que je ne t'ai
pas trop saoulé.
Je conclus avec
John Rambo : « Pour survivre à la guerre, il faut devenir
la guerre » (y a pas à dire, c'est le plus beau \o/).